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Shell indigne les Pays-Bas en voulant transférer son siège au Royaume-Uni

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Par Euronews  avec AFP
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Des activistes de Greenpeace manifestent devant une raffinerie Shell à Rotterdam, aux Pays-Bas, le lundi 4 octobre 2021.
Des activistes de Greenpeace manifestent devant une raffinerie Shell à Rotterdam, aux Pays-Bas, le lundi 4 octobre 2021.   -   Tous droits réservés  Photo : Peter Dejong (Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.)

Le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell a fait l'effet d'une bombe lundi en annonçant qu'il voulait transférer son siège au Royaume-Uni, suscitant l'indignation aux Pays-Bas qui devraient ainsi perdre leur plus grosse entreprise.

Le groupe souhaite simplifier sa structure et "aligner sa résidence fiscale avec le pays dans lequel il est enregistré, le Royaume-Uni", où il relocaliserait aussi ses instances dirigeantes, d'après un communiqué.

Le gouvernement néerlandais s'est dit lundi "désagréablement surpris" et "regrette profondément" cette décision, a déclaré le ministre des Affaires économiques Stef Blok sur Twitter.

Le déménagement priverait les Pays-Bas de sa plus grande entreprise et "Royal Dutch" serait aussi retiré du nom pour la première fois en 130 ans, pour ne garder que "Shell".

"Nous sommes en discussions avec Shell au sujet des implications de ce transfert en matière d'emplois, d'investissements à caractère stratégique ou de durabilité", a ajouté M. Blok.

Cette décision faisait les gros titres des médias néerlandais lundi, qui déploraient la perte d'une autre entreprise après Unilever, autre groupe anglo-néerlandais dont les actionnaires aux Pays-Bas avaient voté fin 2020 en faveur d'une société mère unique basée à Londres, dans un contexte politique post-Brexit.

L'annonce de Shell "est une énorme saignée pour les Pays-Bas", a même dénoncé l'organisation patronale VNO-NCW.

Le Royaume-Uni se félicite de son côté

Les actionnaires devront se prononcer le 10 décembre au cours d'une assemblée générale à Rotterdam, aux Pays-Bas, sur les modifications proposées, qui incluent aussi la création d'une série unique d'actions, alors que le groupe était coté jusqu'ici via deux types de titres, Class A et Class B.

Côté britannique, le ministre des Entreprises et de l'Energie Kwasi Kwarteng se félicitait au contraire d'"un vote de confiance clair dans l'économie" du Royaume-Uni.

L'entreprise se justifie en disant vouloir "renforcer la compétitivité de Shell", au bénéfice à la fois des actionnaires et des objectifs environnementaux, et précise que ses actions resteront cotées à Amsterdam, Londres et New York.

"Shell est fier de son héritage anglo-néerlandais et continuera d'être un employeur important et de maintenir une présence importante aux Pays-Bas", notamment dans les énergies renouvelables promet le groupe.

Shell se fixe un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de moitié d'ici 2030 comparé à ses niveaux de 2016, sur ses sites ainsi que pour l'énergie qu'il achète ailleurs, une décision prise notamment à la suite du jugement en mai d'un tribunal néerlandais lui intimant de diminuer ses émissions de 45% d'ici 2030.

Shell a fait appel, mais cette décision s'applique "peu importe notre lieu de résidence fiscale", a indiqué Shell lundi.