This content is not available in your region

Suisse : le Valais arrête de subventionner "l'arnaque" des véhicules hybrides rechargeables

Access to the comments Discussion
Par euronews  avec AFP
Archives : une Toyata hybride rechargeable photographiée lors du salon automobile de Tokyo, le 15 juin 2016
Archives : une Toyata hybride rechargeable photographiée lors du salon automobile de Tokyo, le 15 juin 2016   -   Tous droits réservés  AP Photo/Shuji Kajiyama

Pas si efficients que ça les hybrides rechargeables ? Le canton suisse du Valais a décidé de supprimer ses subventions aux véhicules PHEV (pour Plug-in Hybrid Electric Vehicle) à la suite d'un rapport qui a montré qu'ils offraient peu d'avantages en matière d'émissions et de consommation de carburant sur les routes montagneuses.

Cette étude a été réalisée à la demande des autorités valaisannes par la société Impact Living, une entreprise qui est active comme assistant maître d'ouvrage.

"Les résultats quantitatifs (mesures de la consommation réelle de carburant) montrent que les véhicules hybrides plug-in sont très éloignés de leurs promesses et ne présentent que de très légers avantages (voir aucun) par rapport à une voiture thermique conventionnelle", note ainsi ce rapport.

"Fraudes aux taxes"

L'un des auteurs de l'étude, Marc Muller, ingénieur en énergies, a déclaré à la radio suisse publique RTS que ces véhicules sont "une arnaque aux normes CO2, aux objectifs climatiques et aux consommateurs!".

Dans une video postée sur Youtube, il estime que ces véhicules sont de véritables "fraudes aux taxes" qui permettent "de contourner les normes CO2". De plus, ils consomment "230% de plus que la valeur annoncée par les constructeurs".

"Les véhicules hybrides sont souvent annoncés par les constructeurs comme des véhicules à 1,5 à 2,5 litres aux 100 kilomètres, mais dans la réalité, ils consomment entre 4 et 7 litres, comme des véhicules diesel", a souligné M. Muller, dans cette vidéo et à la RTS.

L'étude montre que les hybrides rechargeables, dans la réalité de la topographie valaisanne, une région très montagneuse, "émettent jusqu'à presque 4 fois plus de CO2 qu'annoncé" par les constructeurs. De plus, les conditions rencontrées sur les route de ce canton en hiver ne sont pas vraiment propices aux véhicules à batteries - qu'ils soient hybrides ou entièrement électriques -, le froid ayant un lourd un impact sur l'autonomie. 

Enfin, toujours selon cette étude, "même un conducteur avec des bornes de recharge à la maison et au travail et effectuant des petits trajets n'atteint pas les valeurs des constructeurs".

Le Valais, qui a financé l'étude d'Impact Living, a depuis le 31 décembre dernier déjà supprimé les subventions pour les hybrides rechargeables. Ces primes étaient de 2 500 ou 5 000 francs suisses en fonction du poids des véhicules.

Des hybrides rechargeables déjà pointés du doigt par des ONG

En 2020, l'ONG Transport & Environment (T&E) qui a analysé le comportement de trois des modèles les plus vendus cette année, avait déjà affirmé que les émissions de CO2 des véhicules hybrides rechargeables restaient supérieures à ce que les constructeurs annoncent officiellement.

Des études de l'ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) ont également conclu que les émissions de CO2 en conditions réelles des hybrides rechargeables étaient généralement plus élevées que les mesures communiquées lors de leur processus d'approbation.

Pour nombre d'experts, l'hybride rechargeable cumule le pire des deux univers, soit les inconvénients des moteurs thermiques (pollution de l'air) et ceux des moteurs électriques (poids et prix élevés à cause des deux motorisations).

Quand elles ne sont pas régulièrement rechargées, ces voitures souffrent d'une consommation très élevée. Mais, utilisé correctement, et pour certains conducteurs qui cumulent longues distances sur autoroutes et usage urbain, l'hybride rechargeable reste une alternative au diesel, tombé en disgrâce depuis le scandale des moteurs truqués de Volkswagen. L'étude d'Impact Living pointe d'ailleurs le fait que de nombreux automobilistes ne sont pas bien "formés" pour utiliser leur véhicule PHEV.