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Ukraine : rencontre décisive entre Washington et Moscou pour tenter de désamorcer la crise

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Par Euronews  avec AFP
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Ukraine : rencontre décisive entre Washington et Moscou pour tenter de désamorcer la crise
Tous droits réservés  Andriy Dubchak/andriy.dubchak

Les chefs de la diplomatie américaine et russe se sont donné une poignée d'heures vendredi à Genève pour une ultime tentative de désamorcer la crise ukrainienne, Washington soupçonnant Moscou de vouloir envahir son voisin malgré des menaces de lourdes représailles.

Washington menace Moscou de représailles en cas d'invasion de l'Ukraine. La tension à la frontière monte, et la diplomatie semble inefficace jusqu'à présent, comme l'a indiqué Joe Biden, Président des Etats-Unis : "J'ai été absolument clair avec le président Poutine. Il n'y a aucun malentendu, mais si les forces russes traversent la frontière ukrainienne, c'est une invasion. En réponse, la Russie aura de lourdes sanctions économiques dont j'ai déjà discuté en détail avec nos alliés, ainsi qu'énoncé très clairement au président Poutine".

Pour désamorcer la menace d'un nouveau conflit en Ukraine, De nouveaux pourparlers doivent se tenir à Genève ce vendredi entre le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, et son homologue russe Sergueï Lavrov. Leur rencontre est le dernier pas de deux d'un intense ballet diplomatique qui avait commencé il y a 11 jours entre leurs adjoints. 

Ils avaient convenu de continuer à se parler malgré les fortes divergences de vues et la centaine de milliers de soldats russes massés aux frontières de l'Ukraine.

Si la séquence diplomatique du 10 janvier avait duré près de huit heures, le face-à-face Blinken-Lavrov ne devrait pas excéder deux heures.

Les deux hommes, négociateurs chevronnés, se connaissent depuis de nombreuses années. Antony Blinken a la réputation d'un calme inébranlable, Sergueï Lavrov est plus sanguin et a le verbe mordant.

La Russie nie

La Russie, qui soutient déjà la rébellion dans l'est du pays qui a fait plus de 13.000 morts depuis 2014, et a annexé la Crimée, nie tout projet d'invasion. Mais le Kremlin insiste sur des garanties écrites pour sa sécurité, y compris sur la promesse que Kiev n'intégrera pas l'OTAN et que l'Alliance ne cherche pas à s'étendre dans ce qu'elle considère comme son pré-carré.

Les Etats-Unis ont déjà opposé une fin de non-recevoir à ces demandes, jugées déraisonnables.

La Russie accuse l'Occident de comploter en Ukraine, invoquant la livraison d'armes au pays ces derniers jours. Le gouvernement de Joe Biden a annoncé une aide financière de 200 millions de dollars pour permettre à Kiev de s'approvisionner en matériel militaire. Une somme qui s'ajoute aux 450 millions déjà alloués à la fin de l'année dernière.

Nouvelle guerre froide ?

Antony Blinken arrive donc à Genève après une tournée express qui l'a mené de Kiev à Berlin, la ville symbole de la réunification de l'Europe après la guerre froide, pour y discuter avec les alliés allemands, français et britanniques.

Laisser la Russie violer ces principes en toute impunité nous ramènerait tous vers des temps plus dangereux et plus instables
Antony Blinken
Secrétaire d'Etat des Etats-Unis

"Laisser la Russie violer ces principes en toute impunité nous ramènerait tous vers des temps plus dangereux et plus instables, lorsque ce continent - et cette ville - étaient coupés en deux, séparés par un no man's land quadrillé par des patrouilles de militaires, et lorsque la menace d'une guerre totale pesait lourdement sur la vie de chacun", a rappelé Antony Blinken dans un discours prononcé avant son départ pour la Suisse.

"Cela enverrait également le message, à d'autres à travers le monde, que ces principes peuvent être sacrifiés", a-t-il mis en garde.

Mais la porte n'est pas tout à fait fermée pour autant, l'administration Biden ayant répété à plusieurs reprises qu'elle était prête à discuter des craintes des Russes pour leur sécurité.

Choix de la voie pacifique

Le chef de la diplomatie américaine a exhorté mercredi 19 janvier Vladimir Poutine à choisir la "voie pacifique" et il a aussi fait clairement savoir qu'il ne proposerait pas de réponses écrites aux demandes très détaillées faites il y a quelques semaines par les Russes sur les points de contentieux.

Pour Washington l'heure tourne. La semaine dernière les Etats-Unis ont accusé la Russie d'avoir "prépositionné" des agents en Ukraine pour mener une opération qui puisse servir de "prétexte pour une invasion".