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L'industrie textile de Gaza traverse les frontières israélo-palestiniennes

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Par Margaux Racaniere
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Des travailleurs gazaouis rendent leur demande de permis de travail en Israël à la chambre de commerce (photo prise en octobre 2021)
Des travailleurs gazaouis rendent leur demande de permis de travail en Israël à la chambre de commerce (photo prise en octobre 2021)   -   Tous droits réservés  Adel Hana/ AP photo

Dans l’atelier de couture d’Alaa Jahjouh à Gaza, les mains s’affairent sur les machines à coudre. Des vêtements en tout genre destinés, entre autres, à alimenter les marchés israéliens.

«Ces jours-ci, les postes dans le domaine du textile sont plus nombreux depuis que les entreprises israéliennes peuvent s’installer dans la bande de Gaza» se félicite le propriétaire de l’atelier.

L’industrie textile gazaouie n’est pas toute nouvelle. Durant son âge d’or dans les années 1990, 900 ateliers de la bande de Gaza fournissaient des vêtements à Israël et à la Cisjordanie, et, surtout, du travail à plus de 35 000 ouvriers gazaouis. Mais depuis le blocus imposé sur le territoire à partir de 2007, cette industrie était totalement paralysée.

Depuis la réouverture des échanges commerciaux entre Gaza et Israël l’été 2021, Tel Aviv a manifesté de nouveau son intérêt pour l’industrie textile gazaouie, proche et peu chère.

Cela s'explique surtout par le coût du travail. Les travailleurs gazaouis gagnent moins de 30 shekels par jour, soit dix fois moins que le salaire moyen en Israël. Mais dans ce territoire sous siège, où plus de la moitié de la population est au chômage, tout travail est bon à prendre : «Si j'essayais de trouver du travail en Israël, ce serait interdit, et je ne peux pas voyager ailleurs pour travailler, témoigne d'Abd Al Raouf Abu Asi, un ouvrier textile gazaoui, donc je suis obligé de travailler ici à Gaza et d'accepter n'importe quel salaire, quel qu'il soit. Même si c'est peu, c'est mieux que rien ».

10 000 visas de travail en Israël pour les Gazaouis

Quand Israël a accordé des visas de travail aux Gazaouis l’été dernier, ils étaient plusieurs milliers à candidater au précieux sésame, comme Tamer Al Jamal, jeune diplômé d'université : « De nombreux jeunes ont perdu leur ambition et ne rêvent que de trouver de l'aide pour nourrir leurs enfants. Nous sommes très heureux de cette opportunité d'obtenir un emploi en Israël et nous parlons entre nous avec une grande joie de la possibilité de restaurer une vie normale dans tout le pays. »

10 000 visas ont été accordés aux travailleurs gazaouis en octobre dernier. Mais pour les centaines de malheureux qui n’ont pas obtenu de visa, l’industrie textile recrute : « Nous avons toujours besoin de plus de main-d’œuvre » rappelle Alaa Jahjouh, nos ouvriers sont qualifiés et travaillent rapidement. C’est ce qui pousse des entreprises internationales à vouloir travailler à Gaza à travers des entreprises israéliennes ».