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Sommet de l'Union africaine : la controverse sur le statut d'Israël relancée

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Par Euronews  avec AFP
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Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh lors d'une conférence de presse à Ramallah en Cisjordanie, jeudi 9 décembre 2021.
Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh lors d'une conférence de presse à Ramallah en Cisjordanie, jeudi 9 décembre 2021.   -   Tous droits réservés  Photo : Majdi Mohammed (Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.)

Le sommet annuel de l'Union africaine (UA) s'est ouvert samedi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, avec un appel du Premier ministre palestinien à retirer l'accréditation accordée en juillet à Israël, à l'origine de vifs débats parmi les 55 Etats membres de l'organisation.

Une "récompense imméritée"

Cette décision controversée du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, doit faire l'objet de discussions dimanche après-midi, en clôture de ce sommet à l'agenda chargé, marqué notamment par les coups d'Etat qui ont secoué le continent et la pandémie de Covid-19.

Mais la polémique sur ce sujet hautement sensible n'a pas attendu la dernière demi-journée du sommet.

"Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien"
Mohammed Shtayyeh
Premier ministre palestinien

Dans un discours à la tribune devant les dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement africains réunis au siège de l'UA, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a appelé samedi à retirer l'accréditation accordée à Israël, qui est une "récompense imméritée" pour les abus commis selon lui par l'Etat hébreu contre les Palestiniens.

"Les peuples du continent africain ne connaissent que trop bien la dévastation et la déshumanisation qui caractérisent le colonialisme et les systèmes connexes de discrimination raciale institutionnalisée", a lancé le dirigeant de l'Autorité palestinienne, accréditée en tant qu'observateur auprès de l'UA depuis 2013.

"Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien", a ajouté Mohammed Shtayyeh, reprenant une formule d'un rapport d'Amnesty International publié cette semaine.

Engagement "immuable" de l'UA dans la "quête d'indépendance" des Palestiniens

La décision en juillet du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, d'accréditer Israël a suscité de vives protestations parmi plusieurs puissants Etats membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie, qui ont rappelé qu'elle allait à l'encontre des déclarations de l'organisation soutenant les Territoires palestiniens.

Photo : Ronald Zak (Copyright 2018 The Associated Press. All rights reserved.)
Le président de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, lors d'une conférence de presse à Vienne, en Autriche, mardi 18 décembre 2018.Photo : Ronald Zak (Copyright 2018 The Associated Press. All rights reserved.)

Si cette décision devait faire l'objet d'un vote dimanche, de nombreux analystes considèrent qu'il marquera une scission sans précédent dans l'histoire de l'Union africaine, qui fête ses 20 ans cette année.

Peu avant, dans son discours d'ouverture du sommet, Moussa Faki avait défendu son choix et appelé à "un débat serein" sur le sujet.

Il a assuré que l'engagement de l'UA dans la "quête d'indépendance" des Palestiniens était "immuable et ne peut que continuer à se renforcer". Mais l'accréditation d'Israël peut constituer, selon lui, "un instrument au service de la paix".