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One Ocean Summit : une trentaine d'Etats s'engagent à protéger les océans

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Par Euronews  avec AFP
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One Ocean Summit : une trentaine d'Etats s'engagent à protéger les océans
Tous droits réservés  MARTIN BERNETTI/MARTIN BERNETTI

Protéger la haute mer et lutter contre l'invasion du plastique : une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement se sont engagés vendredi à Brest, autour d'Emmanuel Macron, à mieux protéger l'océan, indispensable à la régulation du climat et riche en biodiversité, mais mis à mal par les activités humaines. "L'océan est en danger : pollution, produits chimiques, déchets plastique, surexploitation", a ainsi alerté la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen.

En 2022 se tiendront plusieurs rendez-vous internationaux importants autour des océans. Le sommet de Brest et les engagements qui y seront pris "vont permettre de consolider des actions utiles et unagenda international essentielpour l'année 2022", a déclaré le président français.

Si nous nous en donnons les moyens, nous pouvons prendre des décisions historiques, il faut que ça commence aujourd'hui, à Brest.
Emmanuel Macron
président français

Les dirigeants politiques qui se sont succédé à Brest, présents ou en vidéo, se sont engagés sur plusieurs dossiers, dont des avancées vers des traités mondiaux de protection de la haute mer et contre la pollution du plastique.

Parmi les présents, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou encore l'émissaire américain pour le climat John Kerry, mais aussi le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays organisera la COP27 sur le climat en novembre, et le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, qui accueillera fin juin un sommet de l'ONU sur les océans à Lisbonne. D'autres dirigeants sont intervenus par messages vidéo.

Ludovic Marin/AP
Les représentants présents ce vendredi 11 février au One Ocean Summit, à Brest (France).Ludovic Marin/AP
  • Protéger la haute mer

Parmi les principaux progrès, Ursula von der Leyen a annoncé depuis Brest le lancement d'une coalition comptant les 27 Etats membres de l'UE et 13 autres pays pour conclure un traité ambitieux destiné à protéger la haute mer, qui n'est sous la juridiction d'aucun Etat.

Des négociations pour un tel traité sont en cours sous l'égide de l'ONU depuis 2018, mais les discussions ont été interrompues par l'épidémie de Covid-19. La quatrième et théoriquement dernière session de négociations est prévue en mars à New York.

"Nous sommes très proches mais nous devons donner de l'impulsion pour le conclure cette année", a insisté la dirigeante européenne. "Il s'agit d'un engagement important et providentiel", a salué Peggy Kalas de la High Seas Alliance, qui rassemble plusieurs ONG.

  • Accord international contre la pollution plastique

Les Etats-Unis ont annoncé pour leur part soutenir le lancement de négociations sous l'égide de l'ONU pour un accord international contre la pollution du plastique. Les Etats-Unis rejoignent ainsi une dizaine de pays et l'ensemble de l'Union européenne.

Le lancement de ces négociations sera examiné lors de la 5e Assemblée des Nations Unies pour l'environnement fin février, afin d'aboutir à un accord international contre la pollution provoquée par les 8,3 milliards de tonnes de plastiques produits depuis les années 1950. "Nous avons besoin d'un accord qui assure le plus haut niveau d'ambition possible", a réclamé John Kerry.

  • Lutter contre la surpêche et la pêche illicite

D'autres sujets ont été abordés, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur maritime, qui n'est pas concerné par l'Accord de Paris sur le climat. Ou encore, comme l'a réclamé Emmanuel Macron, la suppression des subventions publiques encourageant la surpêche et la pêche illicite, sujet en cours de discussion à l'Organisation mondiale du commerce.

  • Extension de la réserve naturelle des TAAF

La France a profité du sommet pour officialiser l'extension de la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), dans le sud de l'Océan indien, abritant des populations importantes de mammifères marins et d'oiseaux marins. La réserve naturelle couvrira 1,6 million de kilomètres carrés et deviendra ainsi la deuxième plus grande aire marine protégée du monde.

Des ONG dénoncent une opération de "blue washing"

On a un président Macron qui annonce qu'il est le champion des océans et qui derrière ne fait rien, voire défend des activités industrielles extrêmement destructrices.
François Chartier
Greenpeace France

Pour des ONG, la France, deuxième puissance maritime mondiale, n'est pour autant pas à la hauteur pour bien protéger ses mers et océans. Environ 150 personnes étaient rassemblées vendredi matin à Brest à l'appel de Greenpeace et de l'association Pleine mer pour dénoncer "une opération de blue washing", en référence au "green washing", qui définit les techniques de communication des entreprises pour faire croire qu'elles mènent une politique écologiste.

"On a un président Macron qui annonce qu'il est le champion des océans et qui derrière ne fait rien, voire défend des activités industrielles extrêmement destructrices", déplore ainsi François Chartier, de Greenpeace France.

"C'est un pas dans la bonne direction, mais encore une fois, ce que nous voulons, c'est voir si cela va fonctionner concrètement dans un mois à New York lors des négociations de l'ONU. On espère que ce sera le cas", a pour sa part estimé au micro d'Euronews Coralie Barbier, chargée de campagne Protection de l'Océan à Greenpeace.

L'association écologiste a également tenu à dénoncer "le double jeu d'Emmanuel Macron", qui avait annoncé en octobre 2021 sa volonté "d'explorer les grands fonds marins".

"Cette phase préliminaire d’exploration, présentée par E. Macron avec un objectif scientifique, vise avant tout à étudier la faisabilité d’une exploitation minière qui se voudrait durable. La position du Président sur ce sujet est une énième preuve de l’incohérence entre ses paroles et ses actes face aux problématiques climatiques et environnementales", estime ainsi François Chartier dans un communiqué.

Greenpeace France a demandé au président français de clarifier sa position sur l'exploitation minière en eau profonde, et a lancé une pétition pour que la France signe l’appel au moratoire international contre cette industrie destructrice, qui a déjà recueilli près de 60 000 signatures.

France Nature Environnement (FNE) a elle remis jeudi une pétition signée par un demi-million de personnes pour dénoncer le "massacre des dauphins communs" au large des côtes françaises, pris dans des engins de pêche".