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Une Europe souveraine dans l'espace : vers une constellation européenne de satellites

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Par Euronews  avec AFP
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Une Europe souveraine dans l'espace : vers une constellation européenne de satellites
Tous droits réservés  Gonzalo Fuentes/AP

L'Union européenne veut se doter de sa propre constellation de satellites de communication. Un accord politique a été trouvé lors d'une réunion à Toulouse des ministres européens chargés de l'espace.

Aux yeux d'Emmanuel Macron, l'Europe doit prendre "d'urgence" son "destin en main" et avoir sa propre "maîtrise de l'Espace".

Sans maîtrise de l'espace pas d'avancées scientifiques ni de connaissance fine des grands enjeux environnementaux et climatiques.
Emmanuel Macron, président français

"Sans maîtrise de l'espace pas de souveraineté stratégique et militaire. La maîtrise des réseaux de communication, des échanges de données, l'observation des mouvements des différentes armées sur la planète : le spatial est devenu un des nouveaux lieux des conflictualités contemporaines", a déclaré le président français.

Faire face aux constellations privées

Les premiers satellites de la constellation européenne doivent être opérationnels en 2024. Face aux constellations privées Starlink d'Elon Musk (42 000 satellites prévus) ou Kuiper de Jeff Bezos (3 200 satellites), Oneweb porté par le gouvernement britannique (650 satellites), l'enjeu est de se lancer avant que les orbites et fréquences ne soient trop encombrées.

La constellation européenne doit fournir un réseau internet propre à l'UE et une couverture de communications commerciales à l'échelle de l'UE et l'Afrique. "Nous avons un accord politique" pour déployer une "constellation indépendante", s'est félicité en marge de la réunion le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, selon qui les aspects de son financement seront réglés ultérieurement.

Mais l'Europe doit aussi investir dans "la part de rêve" que représente l'espace, au-delà de l'orbite terrestre, a estimé Emmanuel Macron. "Pour nous Européens, le modèle spatial viable n'est pas celui de l'exploitation, de l'augmentation du nombre de touristes spatiaux", mais celui d'un "bien commun qui doit être utile à tous", a-t-il fait valoir, opposant sa vision à une "marchandisation de l'espace".

Première mission humaine vers Mars

Dans cette optique, l'Europe doit selon lui "anticiper un positionnement pour une première mission internationale humaine vers Mars, probablement à la fin de la prochaine décennie".

"L'ESA a déjà identifié des pistes en matière de sciences spatiales et de vols habités, et je propose que nous puissions accompagner cet élan en travaillant (...) d'ici l'été prochain pour formuler des propositions sur nos ambitions européennes en matière d'exploration, de vols habités", a affirmé le président.

L'objectif est "d'éclairer les décisions stratégiques" qui devront selon lui être prises en novembre, lors d'une réunion ministérielle de l'ESA qui réunira ses 22 Etats membres à Paris.

"Quelle doit être la part respective des vols habités et robotisés, notamment pour les vols à destination de la Lune ou de Mars?", s'est-il interrogé. "Visons-nous des coopérations à la lumière de l'ISS (la station spatiale internationale) ou l'autonomie stratégique en la matière?", a ajouté Emmanuel Macron, se gardant de prendre position.