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Tensions israélo-palestiniennes : Gaza frappée et affrontements en Cisjordanie

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Par Euronews  avec AFP
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Un manifestant palestinien lors d'affrontements avec la police des frontières israélienne dans le village de Burqaa, au nord de Naplouse (Cisjordanie), mardi 19 avril 2022.
Un manifestant palestinien lors d'affrontements avec la police des frontières israélienne dans le village de Burqaa, au nord de Naplouse (Cisjordanie), mardi 19 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Nasser Nasser (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

La tension restait palpable ce mardi en Israël et dans les Territoires palestiniens après les premières frappes aériennes israéliennes depuis des mois sur la bande de Gaza, en représailles à un tir de roquette depuis l'enclave palestinienne.

Bombardements israéliens sur Gaza

Tôt mardi, l'aviation israélienne a bombardé un site présumé d'armement du Hamas, mouvement islamiste armé au pouvoir dans la bande de Gaza, après un tir de roquette non revendiqué depuis ce territoire de 2,3 millions d'habitants.

Le Hamas a affirmé dans la nuit avoir utilisé sa "défense anti-aérienne" pour tenter de contrer ces frappes qui n'ont fait aucune victime, selon des témoins et des sources sécuritaires à Gaza.

Photo : Yousef Masoud (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Une explosion provoquée par les frappes israéliennes sur une base militaire du Hamas dans la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, mardi 19 avril 2022.Photo : Yousef Masoud (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Lundi soir, les sirènes d'alarme ont retenti dans le sud d'Israël pour le premier tir de roquette depuis la bande de Gaza vers Israël depuis début janvier.

La roquette lancée lundi a été interceptée par le bouclier antimissile "Dôme de Fer", selon l'armée israélienne qui a par ailleurs affirmé mardi matin avoir arrêté cinq personnes dans des opérations de "contre-terrorisme" en Cisjordanie occupée, territoire séparé géographiquement de Gaza.

Ces opérations ont été lancées dans la foulée d'attaques récentes en Israël, dont deux ont été perpétrées à Tel-Aviv par de jeunes Palestiniens de Cisjordanie.

Les attaques ont fait 14 morts depuis le 22 mars en Israël, tandis que 23 Palestiniens, dont des assaillants, ont été tués depuis dans des incidents ou des opérations israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupée depuis 1967 par l'Etat hébreu.

Affrontements en Cisjordanie au nord de Naplouse

Le Croissant Rouge palestinien a fait état mardi de 45 blessés à Burqaa, dans le nord de la Cisjordanie lors d'affrontements avec l'armée israélienne.

Les Palestiniens protestaient contre une marche de juifs nationalistes en direction du site de Homesh, une colonie évacuée par Israël en 2005 et dont les colons exigent la reconstruction, qui se trouve prés du village de Burqaa.

Jérusalem, théâtre de tensions

Jérusalem est le théâtre de tensions depuis vendredi qui coïncident avec les fêtes juives de Pessah et les grands rassemblements pour le mois sacré musulman du ramadan.

Plus de 150 Palestiniens ont été blessés lors de heurts avec les forces israéliennes vendredi et dimanche à l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, qui accueille quotidiennement des dizaines milliers de fidèles musulmans pour le mois de ramadan, un lieu aussi visité à des plages horaires précises par des juifs.

Mais la présence de Juifs pendant le ramadan et surtout l'intervention sur place des forces policières israéliennes sur des lieux saints musulmans ont suscité une vague de colère chez certains Palestiniens mais aussi dans le reste de la région.

L'esplanade des Mosquées "restera purement islamique", a réitéré mardi le Hamas, qui avait lancé l'an dernier des salves de roquettes sur Israël après des jours de tension à Jérusalem.

Vers une nouvelle guerre ?

Des sources sécuritaires israéliennes et des analystes ont répété ces dernières semaines que le Hamas, qui a salué les attaques récentes en Israël, ne souhaitait pas une guerre cette année en invoquant principalement deux raisons.

Photo : Mahmoud Illean (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Les forces de sécurité israéliennes prennent position dans l'enceinte de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, vendredi 15 avril 2022.Photo : Mahmoud Illean (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Les capacités militaires du mouvement ont été affectées par la guerre de mai 2021, et, en cas de conflit, le nouveau gouvernement israélien risque de suspendre les milliers de permis de travail accordés ces derniers mois à des ouvriers de Gaza, territoire sous blocus plombé par un taux de chômage local avoisinant les 50%.

Lundi, le Jihad islamique, principal groupe islamiste armé palestinien après le Hamas, mais qui contrairement à lui n'administre pas la bande de Gaza, a toutefois menacé d'une nouvelle escalade militaire.

"Nous ne pouvons plus rester silencieux sur ce qui se passe à Jérusalem et en Cisjordanie occupée", a déclaré Ziad al-Nakhalé, le chef de ce mouvement disposant selon le renseignement israélien de milliers de combattants et de roquettes à Gaza.

Le porte-parole du département d'Etat états-unien Ned Price a affirmé lundi soir que les Etats-Unis étaient "grandement préoccupés" par ces tensions et que Washington multipliait les contacts dans la région pour tenter de les juguler.