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Les éoliennes de la discorde entre la Belgique et la France

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Par euronews  avec AFP
Illustration : éolienne déployée dans l'océan Atlantique à 30 km au large de Pornichet, dans l'ouest de la France, photographiée le 14 janvier 2022
Illustration : éolienne déployée dans l'océan Atlantique à 30 km au large de Pornichet, dans l'ouest de la France, photographiée le 14 janvier 2022   -   Tous droits réservés  Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Avis de (petite) tempête entre Bruxelles et Paris. La Belgique a porté plainte contre sa voisine auprès de la Commission européenne. La raison : un projet de parc éolien qui devrait voir le jour, d'ici à 2028, à dix kilomètres au large de la ville française de Dunkerque et à la limite des eaux territoriales belges. Ces dernières reprochent à la France de ne pas avoir été entendues lors du choix de l'emplacement du parc, contrairement aux règles européennes.

La Commission européenne, qui a mené une médiation entre les parties, dispose de trois mois pour se prononcer sur la recevabilité de la plainte et les suites à donner.

En juillet dernier, l'État belge, la région de Flandre et la commune de la Panne ont chacun déposé une requête devant le tribunal administratif de Lille, dans le nord de la France, pour obtenir l'annulation du projet.

Une série de réunions entre les deux États dans le cadre de la médiation de la Commission n'a pas donné de résultat jusqu'à présent, a indiqué ce mardi le ministère belge de la mer du Nord.

"Au cours de ce processus, nous avons constaté qu'il n'y avait pas suffisamment de volonté du côté français pour prendre en compte les droits des habitants du littoral belge, du port d'Ostende et des autres parties prenantes", a-t-il ajouté dans une déclaration à l'agence Belga.

Cette plainte "est nécessaire pour sauvegarder nos droits", a déclaré le ministre Vincent Van Quickenborne à l'agence belge. "C'est bien dommage que la France ne veuille pas répondre à la main tendue du côté belge", a-t-il ajouté.

"La Belgique reste constructive et souhaite trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties", a souligné ce mardi son cabinet.

Le ministère belge a proposé en juin dernier de déplacer le parc de 5 km plus au large en mer, ce qui "pourrait résoudre presque toutes les objections formulées par la Belgique".

La Belgique accuse les autorités françaises d'avoir défini cette zone de construction en 2016 sans aucune concertation, alors qu'elle est localisée à la frontière.

Inchangé, le projet mettrait les éoliennes "dans l'espace aérien contrôlé par la Belgique", ce qui est "préoccupant" pour la sécurité du trafic au départ et à destination de la base militaire de Coxyde, avait critiqué en juin dernier le ministère. Il risque aussi de compliquer d'éventuelles opérations de sauvetage dans cette zone, fait-on valoir côté belge.

Parmi les autres "intérêts essentiels" menacés figure "le blocage des routes maritimes historiques entre le Royaume-Uni et le port d'Ostende".

46 éoliennes maximum, implantées sur une surface globale de 50 km2, sont prévues par les promoteurs de ce projet, le consortium "Éoliennes en Mer de Dunkerque (EMD)" (dont fait notamment partie EDF Renouvelables) et RTE, le gestionnaire du réseau électrique français. Les éoliennes prévues par ce projet auront une hauteur totale de 300 mètres, mât et pales compris. La capacité de ce parc sera de 600 MW, ce qui permettra de produire "l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million d’habitants", selon EMD.

Ce projet a également soulevé un mouvement d'opposition en France, les critiques ciblant la menace sur la modification des écosystèmes et des ressources marines.