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Allemagne : la raffinerie de Schwedt veut garder son pétrole russe

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Par Jona Källgen  avec AFP
Les salariés de la raffinerie allemande de Schwedt réunis lors de la visite du ministre allemand de l'Economie
Les salariés de la raffinerie allemande de Schwedt réunis lors de la visite du ministre allemand de l'Economie   -   Tous droits réservés  Euronews

Dans cette raffinerie de la petite ville de Schwedt, à la frontière avec la Pologne, c'est l'inquiétude.

Si un embargo européen sur le pétrole russe se met en place, ces ouvriers allemands craignent de perdre leur emploi. Car cette raffinerie appartient au géant pétrolier russe Rosneft, et tout le pétrole qui est transformé ici provient, via un oléoduc, directement de Russie. La première économie européenne a déjà fortement réduit sa dépendance envers les importations de pétrole russe, passant de 35% à 12%.

"Notre existence est en jeu. Nous avons tous nos propres obligations privées et si la raffinerie ferme, nous devrons alors quitter la région car il n'y a rien d'autre ici" explique Martin Reek, ouvrier à la raffinerie PCK de Schwedt.

Le ministre allemand de l'économie est venu sur place pour leur parler. Si l'Allemagne refuse un embargo immédiat sur l'ensemble des énergies russes, elle veut s'en libérer progressivement et quasiment stopper ses achats en pétrole russe d'ici la fin de l'année. Se passer du pétrole russe implique de trouver d'autres sources. Un plan irréalisable pour les salariés de la raffinerie.

"L'embargo arrive. Peu importe que vous l'aimiez ou non. Et quand il arrivera, vaudra-t-il mieux fixer stupidement le pipeline ou se préparer à d'autres options ?" souligne Robert Habeck, le ministre allemand de l'Économie.

Mais l'inquiétude ne concerne pas seulement les emplois à Schwedt.

Cette raffinerie fournit 90% du carburant et du combustible consommés à Berlin et sa région, y compris le kérosène de l'aéroport international.

"Cette raffinerie approvisionne principalement la région de Berlin et du Brandebourg. Et dans six mois, lorsque l'embargo pétrolier entrera en vigueur, il pourrait y avoir des pénuries ici. Cela signifie que nous aurons moins d'essence que d'habitude" indique Tobias Federico, directeur général de Energy Brainpool.

L'Allemagne a accepté les sanctions contre le pétrole russe. Elle a même fait pression pour ces sanctions et dans l'ensemble, le pays ne le remarquera probablement pas beaucoup lorsqu'elles entreront en vigueur. Mais, il y a bien sûr des différences régionales. Dans l'est de l'Allemagne, ces sanctions se feront beaucoup plus sentir qu'à l'ouest indique notre correspondant en Allemagne  Jona Källgren.