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Président polonais à Kyiv : "Il est désormais impossible de commercer avec la Russie comme avant"

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Par Hüseyin Koyuncu  avec AFP
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue polonais Andrzej Duda donnent une conférence de presse à Kyiv, 22 mai 2022.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue polonais Andrzej Duda donnent une conférence de presse à Kyiv, 22 mai 2022.   -   Tous droits réservés  AP

Fidèle à la cause ukrainienne, le président polonais Andrzej Duda a critiqué les pays qui continuent de commercer avec la Russie.

Le dirigeant polonais a estimé dimanche que tout "business as usual" (commerce comme avant) avec la Russie était désormais impossible après la découverte de massacres de civils en Ukraine, imputés aux troupes russes.

"Après Boutcha, Borodianka et Marioupol, il ne peut plus y avoir de 'business as usual' avec la Russie", a-t-il déclaré lors d'un discours devant le Parlement ukrainien à Kyiv, le premier d'un chef d'Etat étranger depuis le début de l'invasion russe le 24 février, plusieurs fois interrompu par des ovations debout

Des centaines de cadavres de civils ont été découverts à Boutcha et Borodianka, des villes près de Kyiv occupées puis abandonnées par l'armée russe.

"Un monde honnête ne peut pas revenir à l'ordre du jour en oubliant les crimes, l'agression, les droits fondamentaux piétinés", a ajouté le président polonais, en présence également de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Si pour leur propre tranquillité, intérêts économiques ou ambitions politiques", les pays occidentaux "sacrifient l'Ukraine, ne serait-ce qu'un centimètre de son territoire ou un pan de sa souveraineté, cela portera un grand coup au peuple ukrainien, mais aussi à toute la communauté occidentale", a prévenu M. Duda.

Affirmant qu'il ne relâcherait pas ses efforts "tant que l'Ukraine n'est pas membre de l'Union européenne" (UE), il a regretté que des voix se soient élevées récemment en Europe pour demander que l'Ukraine accepte certaines demandes de Poutine :

"Seule l'Ukraine a le droit de décider de son futur. N'importe quelle décision qui concerne ce pays doit provenir de Kyiv. La communauté internationale doit seulement exiger de la Russie qu'elle mette fin à son agression, qu'elle cesse de piétiner le droit international et qu'elle quitte complètement le territoire ukrainien. Il ne peut y avoir de négociations ou de décision prise dans le dos de l'Ukraine. Rien sur vous sans vous. Absolument! C'est une règle inflexible. Il faut y adhérer".

L'armée russe se concentre sur l'Est

Près de trois mois après le début de son offensive, la Russie poursuivait ce dimanche ses bombardements sur l'est de l'Ukraine.

Après avoir échoué à prendre le contrôle de Kyiv et de sa région, depuis plusieurs semaines, les troupes russes concentrent leurs efforts dans le Donbass, déjà en partie aux mains de séparatistes prorusses depuis 2014.

Selon la présidence ukrainienne, des bombardements russes ont visé les villes de Mykolaïv, Kharkiv et Zaporijjia dans la nuit de samedi à dimanche.

Dans la petite ville de Soledar dans la région de Donetsk, les civils sont de plus en plus inquiets. "Nous pouvons gérer le fait de ne pas avoir d'eau ni d'électricité, mais quand les explosions sont aussi proches, c'est vraiment terrifiant", dit Oleksandra Kolchenko, une enseignante qui est restée chez elle. 

Ukraine : loi martiale et mobilisation générale prolongées jusqu'au 23 août

L'état-major ukrainien a également annoncé ce dimanche que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et ses attaques aériennes sur tout le territoire".

Signe supplémentaire que le conflit pourrait s'inscrire dans la durée, la loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine ont été prolongées dimanche de trois mois, jusqu'au 23 août.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait signé le 24 février ces deux décrets. Ils ont déjà été prolongés à deux reprises pour une durée d'un mois.