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La Pologne, terre de refuge des opposants politiques russes

Manifestation contre la guerre en Ukraine. Varsovie, Pologne
Manifestation contre la guerre en Ukraine. Varsovie, Pologne Tous droits réservés Czarek Sokolowski / AP
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Par Magdalena Chodownik
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Alina et Andrei sont deux journalistes originaires de Kazan, 800 kilomètres à l'est de Moscou. Après un long voyage à travers la Géorgie et la Turquie, ils sont arrivés à Varsovie fin mars. Comme eux, des milliers de Russes ont quitté le pays depuis le début de la guerre en Ukraine.

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, dans un contexte de censure et de propagande accrues en Russie, certains membres de l'opposition, journalistes et activistes, cherchent refuge en dehors de leur pays.

"La propagande utilise beaucoup l'idée, qu'en dehors de la Russie, personne n'aime les Russes. Et ces gens perdent vraiment l'espoir que quelqu'un en dehors de la Russie se préoccupe de leur sort." explique Anastasia Sergeeva, membre de "Pour une Russie libre". Fondée en 2018 à Varsovie, l'association vise à soutenir et encourager la diaspora russe pro-démocratique à promouvoir la coopération entre les pays d'Europe de l'est.

D'après Anastasia Sergeeva, depuis le 24 février, le nombre de Russes exilés en Pologne pour des raisons de sécurité a augmenté. "Depuis le début de la guerre, nous avons aussi accueilli un autre groupe : des citoyens russes qui vivaient en Ukraine."

Maintenant, avec la guerre, rester en Russie et travailler dans les médias c'est dangereux, ça tombe sous le coup du droit pénal.
Andrei Grigorev
Journaliste pour Radio Liberty

Alina et Andrei sont originaires de Kazan, 800 kilomètres à l'Est de Moscou. Après un long voyage à travers la Turquie et la Géorgie, les deux journalistes sont arrivés à Varsovie fin mars.

"Je suis déjà allé filmer des manifestations à Kazan. Nous étions déjà menacés. Avec la nouvelle législation russe, ils pouvaient nous arrêter, nous fouiller à tout moment, raconte Andrei Grigorev. On comprend très bien qu'avec la guerre maintenant, rester en Russie, et travailler dans les médias, c'est dangereux, ça tombe sous le coup du droit pénal."

Même constat pour sa collègue de Radio Liberty, Alina Grigovera : "L'air est devenu si lourd qu'il était impossible de respirer. Nos collègues sont partout, certains en Géorgie, d'autres en Turquie, ils sont allés partout où ils pouvaient."

D'après eux, exercer le métier de journaliste honnêtement et qualifier la guerre en Ukraine de "guerre" pourrait leur faire encourir jusqu'à 15 ans d'emprisonnement.

Des départs pour raisons économiques

Si la situation en Russie reste tendue, les sondages montrent toujours une forte adhésion à la politique de Poutine ; quitter le pays n'est donc pas toujours une décision politique.

"Je ne crois pas qu'il y ait une énorme opposition populaire à la guerre en Russie, estime Kacper Wanczyk, doctorant et analyste pour le site Polityka InsightCertaines personnes ont décidé de partir à l'étranger, mais je pense que les motifs politiques ne sont qu'une partie des raisons. Je pense que certains d'entre eux sont davantage préoccupés par la situation économique."

Le nombre exact de Russes qui ont quitté le pays depuis le 24 février est inconnu - les experts estiment qu'ils pourraient être entre 300 000 et plus d'un million. La Pologne, qui est devenue une destination populaire pour l'opposition biélorusse, accueille aussi désormais les Russes.

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