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Yegor, huit ans, comme Anne Franck avant lui, raconte dans son journal la guerre en Ukraine

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Par Laurence Alexandrowicz
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 Yegor Kravtsov tient son journal intime
Yegor Kravtsov tient son journal intime   -   Tous droits réservés  EKATERINA KLOCHKO / AFP

Lors de la seconde guerre mondiale, une certaine Anne Franck écrivait son journal. Huit décennies plus tard, la guerre frappe le continent européen encore. Yegor Kravtsov a vécu les mêmes horreurs, et documenté lui aussi sa guerre en Ukraine. Le petit garçon de huit ans a tenu un journal secret pendant le siège russe de Marioupol, des mots et des dessins poignants pour raconter l'horreur du quotidien. Avec sa mère et sa soeur, ils sont réfugiés à Zaporizhzhia, après qu'une roquette a éventré le plafond de leur maison.

 Yegor Kravtsov lit ce qu'il a couché sur son petit carnet :

"J'ai une blessure dans le dos, la peau est arrachée. La tête de ma soeur est cassée. Ma mère s'est déchiré les muscles de la main et a un trou dans la jambe."

Yegor a retrouvé des jeux de son âge, mais son grand-père lui manque affreusement, il est mort après deux mois de guerre. Yegor regrette aussi le théâtre de Marioupol, où il adorait aller. Ce théâtre où les civils se cachaient, que la Russie a bombardé au début du siège de la ville.

"Il a toujours aimé dessiner, raconte Olena Kravtsova, la mère de Yegor. Il avait l'habitude de dessiner avec un stylo sur du papier, et n'a jamais aimé les crayons de couleur et les feutres.  Il dessinait des magasins et des jouets avec son stylo, c'était son truc. Là, ce sont deux de nos voisines, Nadya et Galya. Elles ont été enterrées. La première soeur est morte, puis l'autre. C'est la dernière chose qu'il a dessinée."

 Quand elle a trouvé le livre de son fils, Olena a éclaté en sanglots. Elle a pleuré aussi, en filmant sa maison détruite par l'armée russe. C'était une belle maison avec un jardin. Maintenant que la Russie occupe la ville, la famille ne peut plus y retourner pour la reconstruire.