This content is not available in your region

Port du burkini dans les piscines : le maire de Grenoble désavoué par le Conseil d’État

Access to the comments Discussion
Par Euronews  avec AFP
euronews_icons_loading
Une piscine
Une piscine   -   Tous droits réservés  Massimo Piccoli/AP

Le maire de Grenoble Eric Piolle a été désavoué par le Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative française a confirmé une décision de justice interdisant le port du burkini dans les piscines de cette ville, estimant que l'adaptation du règlement visait à satisfaire une revendication de nature religieuse. Le maire de Grenoble avait suscité la polémique en autorisant cette tenue de bain très couvrante portée par des femmes musulmanes.

Le Conseil d’État a fermé la porte mardi au burkini dans les piscines municipales en désavouant la mairie de Grenoble qui avait autorisé cette tenue de baignade très couvrante portée par certaines musulmanes, sur fond de vive polémique politique.

Dans son ordonnance, la plus haute juridiction administrative a confirmé la décision rendue en mai par le tribunal administratif de Grenoble, estimant que "contrairement à l'objectif affiché" par la ville, l'adaptation du règlement intérieur de ses piscines "ne visait qu'à autoriser le port du burkini afin de satisfaire une revendication de nature religieuse".

Après la décision du Conseil d'Etat, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a salué sur Twitter une "victoire pour la loi séparatisme, pour la laïcité, et au-delà, pour toute la République". Il s'est également réjoui que la juridiction ait "sanctionné" le "communautarisme" du maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle.

D'autres polémiques passées

Le burkini avait déjà fait l'objet d'une polémique nationale à l'été 2016, quand une trentaine de villes en avaient interdit le port sur leurs plages. Avant que le Conseil d’État n'annule leurs décisions, jugées démesurées.

"Le Conseil d'Etat ne remet nullement en cause l'interdiction d'interdire le port du burkini dans l'espace public qu'il avait posé en 2016", a estimé l'avocat de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) Patrice Spinosi, qui avait plaidé pour l'autorisation du burkini au côté de la mairie de Grenoble, lors de l'audience la semaine dernière.

"Il se borne à préciser qu'un maire ne peut autoriser spécifiquement l'usage du burkini dans une piscine municipale tout en maintenant l'interdiction du port d'un maillot non moulant", a-t-il ajouté. "Concrètement cette décision concerne essentiellement la situation particulière de Grenoble et ne saurait être généralisée".

Le nouveau règlement, qui permettait également la baignade seins nus pour les femmes et les maillots anti-UV pour tous, avait déclenché une tempête politique nationale, comme régulièrement sur les sujets liés à la culture islamique (voile, burkini, nourriture halal) et à ses rapports à la laïcité en France.

AFP