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Diana Dimitrova, une Ukrainienne, tient une pancarte en français "Pour ceux qui ont oublié : la guerre en Ukraine continue toujours". Lyon, France, août 2022
Diana Dimitrova, une Ukrainienne, tient une pancarte en français "Pour ceux qui ont oublié : la guerre en Ukraine continue toujours". Lyon, France, août 2022   -   Tous droits réservés  Nataliia Liubchenkova/Euronews

France : comment des réfugiées ukrainiennes maintiennent l'attention sur le sort de leur pays

Un groupe de jeunes femmes est assis à une table dans un grand appartement du centre de Lyon (France). Mais ce logement n'est pas le leur. Pour chacune d'entre elles, tout, en France, est un nouveau départ.

Réunies dans un logement temporaire, mis gratuitement à disposition par la population locale, six Ukrainiennes apprennent le français et cherchent du travail. Leur temps libre et toutes leurs pensées ne sont reliés qu'à une chose : le pays où elles sont nées, l'Ukraine.

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Des militantes ukrainiennes réalisant des pancartes pour des manifestations dénonçant l'invasion russe de l'Ukraine. Lyon, août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews

Pratiquement six mois après le déclenchement du conflit, une certaine lassitude s'est installée quant à la couverture de la guerre en Ukraine par les médias. L'objectif de ces jeunes femmes, réunies à Lyon, est de tout faire pour maintenir la sensibilisation de la population sur les derniers événements en cours dans leur pays d'origine. 

Cette cause est le moteur qui les fait avancer. Ensemble, elles préparent une action qui aura lieu dans les rues lyonnaises; un rassemblement, où elles brandiront des pancartes qu'elles sont en train de créer, pour ne pas se faire oublier.   

Ce soir, l'atmosphère est calme et amicale, mais chaque discussion semble toucher une corde sensible. Malgré toute l'aide que l'État français et que les habitants de Lyon apportent à ces réfugiées, elles se sentent incomprises. Elles ne croient pas que la guerre, qui a détruit ou mis en danger leurs maisons, qui menace quotidiennement leurs proches, soit prise suffisamment au sérieux.

Elles craignent que la guerre ne devienne une information parmi d'autres, loin des problématiques qui concernent les gens qu'elles rencontrent en France. La destruction de leur pays reste une plaie ouverte, qui fait souffrir ces militantes 24 heures sur 24.

Lors d'un brainstorming, organisé pour trouver des slogans d'affiches, l'une des réfugiées propose d'élaborer une liste d'arguments, autour du questionnement suivant : "pourquoi la guerre en Ukraine touche aussi les Français ? Crise alimentaire annoncée ? Prix ​​du carburant ? La Russie ne s'arrêterait pas à l'Ukraine, si elle gagnait ?"

Les idées fusent. "Comment peut-ont toucher les gens ? Nous pouvons__leur demander de faire pression sur leur gouvernement, par exemple ? Ou leur dire que la Russie est un État terroriste ? Nous pouvons aussi leur réclamer des dons ?". Mais pour Diana Dimitrova, lancer un appel aux dons s'avère complexe : _"c_ertaines personnes ne veulent pas faire de don à notre armée, car elles ne veulent pas soutenir une action militaire". "Mais ce sont des gens comme nous qui meurent. Il y a des actions humanitaires à mettre en place pour aider les civils", revendique la réfugiée Ukrainienne.

Elle poursuit. "Nous avons besoin d'aide ; nous avons besoin de gens pour faire des dons à l'Ukraine. Sinon, ce « monde russe » s’immiscera n'importe où. Nous ne devons pas sous-estimer la Russie. Les actes que le pays a commis ont un impact sur le monde entier. Regardez les prix de l'énergie et des matières premières, par exemple ! L'Ukraine se bat non seulement pour sa liberté, mais aussi pour la liberté des autres".

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Liliya, 27 ans, réalisant une affiche présentant l'une des villes ukrainiennes occupées par les forces russes. Lyon, août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews

Liliya vient de Dnipro. Elle est arrivée en France après le début de la guerre. Le soutien mutuel que s'apportent les militantes est important pour Liliya, qui a déjà participé à un rassemblement semblable à celui que le groupe prépare. Pour elle, il est indispensable de contribuer à la diffusion de l'information sur la guerre en Ukraine. Aider l'armée ukrainienne en organisant des événements caritatifs est d'une importance primordiale : "Nous devons tous remettre la Russie à sa place", ajoute l'habitante de Dnipro.

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Une autre pancarte sur le pont d'être terminée. Lyon, août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews

Après avoir terminé la création de ses affiches, le groupe d'Ukrainiennes se rend en ville pour la seconde étape de sa "flashmob". Chacune se positionne dans le centre touristique de la ville, au milieu de la foule insouciante.

Au cours de leur action, Mila Kytaieva, présentatrice pour une télévision de Kyiv, se joint aux manifestantes. La jeune femme a tout laissé derrière elle dans sa ville natale de Marioupol, où vivaient les membres de sa famille, aujourd'hui réfugiés. Devant l'Opéra de Lyon, elle brandit une pancarte, où est inscrit en français "La seule différence entre toi et un réfugié, c'est la chance".

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Mila Kytaieva, de Mariupol, brandissant une pancarte en français pour rappeler à la population lyonnaise leur bonne fortune. Lyon, août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews
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Une manifestante ukrainienne posant avec des affiches condamnant l'invasion russe de l'Ukraine. Lyon, France. Août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews

Pour marquer le sixième mois de l'invasion russe en Ukraine, le groupe prépare un nouveau rassemblement. Ce jour sera symbolique, puisqu'il marquera aussi le 31ème anniversaire de l'indépendance du pays.

Le 24 août à 18h, les manifestantes défileront avec des pancartes et un drapeau ukrainien de huit mètres de long, depuis la place des Terreaux (Lyon). La marche se terminera sur la place Bellecour, située dans le deuxième arrondissement de la ville, où la foule sera invitée à former le contour de l'Ukraine et de ses frontières souveraines.

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Un groupe de manifestants ukrainiens posant avec des affiches dans le centre de Lyon condamnant l'invasion de leurs pays par la Russie. Lyon, août 2022Natalia Liubchenkova/Euronews

Les Ukrainiennes et Ukrainiens espèrent ne pas marcher seuls le jour-J. Ils espèrent que les Français les rejoindront également, qu'ils soient représentants d'associations ou de simples citoyens concernés par le sort de l'Ukraine.