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A Marseille, des paquebots de croisière accusés d'augmenter la pollution de la ville

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Par Laurence Alexandrowicz
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Le "Wonder of the Seas", bête noire des écologistes
Le "Wonder of the Seas", bête noire des écologistes   -   Tous droits réservés  AFP

Un monstre des mers, qui fait le bonheur des croisiéristes mais qui hérisse les défenseurs de l'environnement à Marseille. En juin, des militants ont bloqué le Wonder of the Seas, 362 mètres de long, 15 piscines, un simulateur de surf, une patinoire. Un mode de voyage considéré par certains comme une aberration dans le monde actuel. 

Le calvaire des habitants

Michèle Rauzier, elle, a installé des capteurs dans sa maison près du port pour mesurer la pollution des fumées. Sa vie sur la colline devient un cauchemar : "Comme nous sommes sur une falaise, au niveau des cheminées en fait, on subit une pollution hors norme. La pollution bien entendu atmosphérique, qui est très dangereuse, puisque nous avons nous ici dans le quartier des gens en pleine forme, pas fumeurs, sportifs, morts de cancérisations sur les voies respiratoires, et ça se multiplie. Donc on est très inquiets."

Presque aussi polluant que la voiture

Les activités maritimes sont responsables de 39% des émissions de dioxyde d'azote --un polluant de l'air-- sur la métropole marseillaise, juste derrière le trafic routier (45%), selon AtmoSud, observatoire qui surveille la qualité de l'air. 

"Un navire à quai pendant une heure à Marseille va être l’équivalent de 30.000 véhicules qui circulent à 30 km/h dans Marseille, pendant une heure", explique Damien Piga, chargé des relations publiques chez Atmosud.

Une manne financière

Face à la colère des Marseillais, les voyagistes mettent en avant les retombées économiques pour la cité phocéenne.

"Marseille est très prisé, avance Alain Mistre, président de l'Union maritime et fluviale de Marseille-Fos. Les restaurateurs me disaient encore il y a quelques jours que c’était 20% de chiffre d’affaire en plus, depuis qu’ils ont retrouvé les passagers de croisière et les membres d’équipage. Donc c’est vraiment un apport financier, ça fait travailler les taxis, les bus. Quand vous avez une grosse journée avec beaucoup d’escales, les taxis c’est un chiffre d’affaires de 100.000 euros par jour."

A Barcelone, dans les Baléares en Espagne ou à Venise, des actions ont été lancées pour interdire les monstres des mers. En France, à Nice ou Ajaccio, des mobilisations ont eu lieu cet été contre des paquebots. Les opposants à ce modèle touristique refusent que la Méditerranée devienne "la poubelle du monde".