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Retour de la Nasa sur la Lune : le décollage de la fusée de la mission Artemis 1 reporté

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Par Euronews  avec AFP
Artemis 1
Artemis 1   -   Tous droits réservés  John Raoux/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

La Nasa ne va pas faire son retour vers la Lune comme prévu ce lundi. En effet, le décollage de la nouvelle méga-fusée de l'agence spatiale américaine a été annulé ce 29 août. Un problème technique sur l'un des moteurs principaux de l'engin est à l'origine de ce contretemps.

Le lancement de cette première mission test, dans le cadre du programme Artemis, est donc reporté de facto d'au minimum quelques jours. 

La prochaine date de lancement possible est vendredi 2 septembre, puis le 5 septembre. Mais le problème devra d'abord être évalué par les équipes de la Nasa avant de déterminer une nouvelle date. 

Le décollage d'Artémis 1 était initialement prévu à 8h33 (12h33 GMT) depuis l'aire de lancement 39B du centre spatial Kennedy, en Floride.

Plusieurs problèmes techniques

La fusée orange et blanche SLS (Space Launch System), haute de 98 mètres, avait été placée sur son pas de tir avant l'aube. 

Les réservoirs de la fusée – la plus puissante du monde – avait été remplis de plus de trois millions de litres d'hydrogène et d'oxygène liquides ultra-froids. Mais le remplissage a commencé avec environ une heure de retard à cause d'un risque de foudre trop élevé au milieu de la nuit.

Puis une fuite a entraîné une pause lors du remplissage de l'étage principal avec l'hydrogène, avant qu'une solution ne soit trouvée et que le flot reprenne.

Vers 7h du matin heure locale, un nouveau problème était examiné. Un des quatre moteurs RS-25, sous l'étage principal de la fusée, n'arrivait pas à atteindre la température basse souhaitée, condition nécessaire pour pouvoir l'allumer.

Le compte à rebours a été stoppé pendant que les équipes travaillaient pour établir un plan d'action.

La Nasa de retour sur la Lune, 50 ans après la dernière mission Apollo

Cinquante ans après le dernier vol d'Apollo, la mission Artémis 1 doit marquer le lancement du programme américain de retour sur la Lune, qui doit permettre à l'humanité d'ensuite atteindre Mars, à bord du même vaisseau.

L'objectif de ce premier lancement était de tester sans équipagela capsule Orion. Cette dernière devait être propulsée jusqu'en orbite autour de la Lune, afin de vérifier que le véhicule est sûr pour de futurs astronautes, dont la première femme et la première personne de couleur qui marcheront sur la surface lunaire.

"Cette mission emporte les rêves et les espoirs de beaucoup de gens", avait déclaré le patron de la Nasa Bill Nelson. "Nous sommes dorénavant la génération Artémis."

Record de distance

L'objectif principal de cette première mission du programme Artémis est de tester le bouclier thermique de la capsule, qui reviendra dans l'atmosphère terrestre à près de 40 000 km/h, et une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil.

CHANDAN KHANNA/AFP
La capsule OrionCHANDAN KHANNA/AFP

Au lieu d'astronautes, des mannequins avait été placés à bord, équipés de capteurs enregistrant vibrations et taux de radiations. Des microsatellites devaient être également déployés pour aller étudier la Lune, ou encore un astéroïde. Des caméras embarquées permettront de suivre ce voyage de 42 jours au total.

Lorsque le décollage sera couronné de succès, la capsule devra s'aventurer jusqu'à 64 000 km derrière la Lune, soit plus loin que tout autre vaisseau habitable jusqu'ici.

Une mission par an

"Ce que nous commençons avec ce décollage lundi n'est pas un sprint de court terme mais un marathon de longue durée, pour ramener le système solaire, et au-delà, dans notre sphère", avait déclaré, avant l'annulation du décollage ce lundi, Bhavya Lal, administratrice associée à la Nasa.

Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. Un honneur réservé à l'équipage d'Artémis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa souhaite ensuite lancer environ une mission par an.

Le but : établir une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d'une station spatiale en orbite autour d'elle (Gateway), et d'une base à la surface. Là, l'humanité doit apprendre à vivre dans l'espace lointain et tester toutes les technologies nécessaires à un aller-retour vers Mars.

Un voyage de plusieurs années qui pourrait avoir lieu "à la fin de la décennie 2030", selon Bill Nelson.