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Un an après le retrait des troupes américaines, l'Afghanistan a sombré dans le chaos

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Par Euronews
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L'Afghanistan a sombré dans le chaos
L'Afghanistan a sombré dans le chaos   -   Tous droits réservés  Ebrahim Noroozi/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Un an après la débâcle du retrait chaotique des troupes américaines d'Afghanistan, le pays est tombé dans une grave crise économique. Retour sur cette année de chaos.

Depuis que les derniers avions américains ont quitté Kaboul il y a un an, l'Afghanistan a sombré dans le chaos. Entre absence de coordination entre alliés et des habitants ne pouvant fuir leur pays : les images dramatiques de l'aéroport ont fait le tour du monde. 

Après deux décennies, les Américains partaient vaincus, et les talibans reprenaient le pouvoir en seulement quelques jours. 

Depuis, l'inflation est galopante, et l'isolement du système bancaire international a entraîné la famine pour environ 6 millions de personnes. Environ 22 millions sont en "insécurité alimentaire aiguë", soit la moitié du pays, selon le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies. 

Economie en lambeaux, mais aussi une situation humanitaire désastreuse : les femmes sont les premières victimes des talibans. Exclusion des emplois publics et des écoles, interdiction de circuler seules sans un homme. L'ONU fustige des promesses non tenues par les fondamentalistes islamistes, comme l'indique le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Martin Griffiths : "Les maigres progrès réalisés par le pays pour protéger les droits des femmes ont été rapidement annulés. Cela fait plus d'un an que les adolescentes afghanes n'ont pas mis les pieds dans une salle de classe. Au XXIe siècle, nous ne devrions pas avoir besoin d'expliquer pourquoi l'éducation des filles et l'indépendance des femmes sont importantes pour elles, pour leurs communautés, pour leurs pays, et en fait pour nous tous."

Mariages forcés

Dans l'Afghanistan des talibans, c'est aussi le retour des mariages forcés. Certains parents sont contraints d'échanger leurs enfants contre de l'argent. C'est le cas de Lemar Watenyar, qui a vendu sa fille de 13 ans, car il ne pouvait pas rembourser un prêt qui l'aidait à nourrir sa famille : "Elle est toujours en colère contre moi depuis que je l'ai vendue. Par respect, elle me dit bonjour parce que je suis son père, mais pas chaleureusement. Elle ne fait rien pour moi, mais je sais que c'est de ma faute". 

Sa fille Hojra a rencontré son futur mari, et refuse de vivre avec lui : "Je ne m'attends pas à ce qu'il me laisse étudier. S'il était un homme sage, il n'aurait jamais demandé ça à mon père". 

Si les talibans célébraient leur joie d'être au pouvoir le 15 août dernier, leur gouvernement n'est toujours pas reconnu par l'Occident.