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Afghanistan : un an après le retour des talibans, un pays en crise profonde

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Par Klervi Dalibot  avec AFP
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Un combattant taliban dans le quartier de Dasht-e-Barchi à Kaboul, août 2022
Un combattant taliban dans le quartier de Dasht-e-Barchi à Kaboul, août 2022   -   Tous droits réservés  Ebrahim Noroozi/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Il y a tout juste un an, les talibans reprenaient le pouvoir à Kaboul. Répression sévère, dégradation des droits humains, rapprochement avec l'Etat islamique, désastre économique : la situation n'a cessé de se dégrader et l'Afghanistan traverse une crise profonde.

Le 15 août 2021, 20 ans après avoir été écartés du pouvoir, les talibans entrent dans Kaboul et reprennent le pouvoir lors d'une intervention militaire éclair.

Ils souhaitent alors lisser leur image en vue d’une reconnaissance internationale.

Mais en un an, la situation n’a cessé de se dégrader dans ce pays coupé des aides internationales qui le maintenaient jusqu'alors "sous perfusion".

Pauvreté extrême et famine

Depuis un an, la misère règne en maître.

90% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Et plus de 20 millions d'Afghans, la moitié de la population, souffrent de la faim.

Un an après le retour des talibans, le taux de pauvreté atteint un niveau alarmant dans le pays. Les salaires sont réduits, les Afghans manquent de revenus et s'endettent toujours plus. Pour faire face, certaines familles doivent même avoir recours au mariage précoce de leur filles ou faire travailler leurs enfants.
Neil Turner
Conseiller Afghanistan à l'office norvégien des réfugiés (NRC)

Les femmes, premières victimes du régime taliban

Les promesses faites par les talibans de respecter les droits des femmes ont également été rapidement balayées.

Ebrahim Noroozi/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.
Arefeh, 40 ans, une femme afghane, quitte une école souterraine, à Kaboul, en Afghanistan, samedi 30 juillet 2022.Ebrahim Noroozi/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Ecoles fermées pour les filles, interdiction d'exercer des emplois publics : les Afghanes ont vu leurs droits partir en fumée.

Leurs tentatives de résistance sont lourdement réprimées, samedi à Kaboul, des combattants talibans ont ouvert le feu sur des manifestantes.

Ces 20 dernières années, les Afghanes avaient acquis plus de droits, retournant à l'école ou accédant à des emplois.

La militante des droits civiques Azita Nazhand alerte sur le net recul de leurs libertés. 

Dans le passé, il y avait des restrictions et des violences contre les femmes afghanes, mais les femmes avaient de l'espoir parce qu'il y avait des écoles, et les femmes et les filles pouvaient servir leur pays grâce à leurs connaissances. Mais maintenant, elles ont même perdu ce seul espoir qu'était l'éducation
Azita Nazhand
Activiste afghane pour les droits des femmes

En réponse au régime taliban, la résistance s'organise : aux détours des quartiers populaires, des maisons accueillent des salles de classe clandestines pour offrir aux jeunes filles une éducation. 

Un mince espoir dans ce pays en crise. Mais un espoir auquel les Afghanes s'attachent, malgré les risques.