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Crash du Rio-Paris : le procès s'est ouvert ce lundi à Paris

Au tribunal correctionnel de Paris, lundi 10 octobre 2022
Au tribunal correctionnel de Paris, lundi 10 octobre 2022 Tous droits réservés Michel Euler/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
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Par Stephane HamalianEuronews avec AFP
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Crash du Rio-Paris en 2009 : les entreprises Airbus et Air France encourent chacune 225 000 euros d'amende.

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Le procès d'Airbus et Air France s'est ouvert au tribunal correctionnel de Paris ce lundi. Les deux entreprises représentées par leurs dirigeants, sont jugées pour homicides involontaires dans le crash du vol Rio-Paris du 1er juin 2009, la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire d'Air France.

228 personnes sont décédées à cause du givrage de sondes Pitot censées mesurer la vitesse de l'avion, "empêchant les pilotes de réagir comme il le fallait" face au décrochage de l'appareil selon les investigations.

Après une succession d'expertises hautement techniques, les juges d'instruction ont prononcé un non-lieu en 2019. Le parquet, les proches de victimes et les syndicats de pilotes ont fait appel et, en 2021, la chambre de l'instruction a tranché en sens inverse, ordonnant un procès pour les deux entreprises.

Responsabilité des deux entreprises

A l'issue d'un "combat judiciaire" et d'une instruction "chaotique", "nous attendons que ce procès soit bien le procès d'Airbus et d'Air France" et non "celui des pilotes", a déclaré à l'AFP Danièle Lamy, présidente de l'association de proches de victimes Entraide et Solidarité AF447.

"Les attentes principales des familles de victimes, elles sont de deux ordres : évidemment obtenir cette vérité judiciaire pour qu'elles comprennent ce qu'il s'est précisément passé cette nuit-là à bord de cet appareil, pour quelle raison il s'est abîmé en mer, pour quelle raison, leurs proches, les 228 personnes qui se trouvaient à bord, sont décédées" a déclaré Sebastien Busy, avocat de victimes du crash.

"La deuxième attente de ces familles, c'est : elles ont perdu leurs proches, donc maintenant elles se raccrochent à cette nécessité de sécurité. On n'arrête pas de nous dire que le système aérien, le déplacement aérien a pour maître-mot la sécurité, on s'aperçoit avec ce dossier que parfois la sécurité est mise de côté. Et bien les familles veulent faire de ce procès aussi, concernant la douleur qu'elles ont vécue, la sécurité de demain" a déclaré Sebastien Busy.

De son côté, Air France "continuera à démontrer qu'elle n'a pas commis de faute pénale à l'origine de l'accident et plaidera la relaxe", a notamment déclaré l'entreprise dans un communiqué.

225 000 euros d'amende

Airbus, qui n'a pas voulu s'exprimer avant le procès, conteste aussi toute faute pénale.

Mais les débats seront surtout très techniques: le tribunal devra déterminer si Airbus et Air France, qui encourent 225 000 euros d'amende, ont commis des fautes en lien certain avec l'accident.

Dans son arrêt de renvoi, la cour d'appel a estimé qu'il existait des charges suffisantes contre le constructeur pour avoir "sous-estimé la gravité des défaillances" des sondes Pitot "équipant l'aéronef A330, en ne prenant pas toutes les dispositions nécessaires pour informer d'urgence les équipages des sociétés exploitantes et contribuer à les former efficacement".

La compagnie a été renvoyée pour s'être abstenue "de mettre en oeuvre une formation adaptée (et) l'information des équipages qui s'imposait" face au givrage des sondes permettant de mesurer la vitesse de l'avion, "ce qui a empêché les pilotes de réagir comme il le fallait".

Les pannes de sondes s'étaient multipliées dans les mois précédant l'accident. Après la catastrophe, le modèle concerné a été remplacé dans le monde entier, et une formation renforcée au décrochage a été introduite.

Les débats doivent se dérouler jusqu'au 8 décembre.

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