Les jeunes Espagnols peinent à acheter un bien immobilier

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Par EURONEWS  avec AP
Archives : dans les rues de Barcelone, le 16/07/2022
Archives : dans les rues de Barcelone, le 16/07/2022   -   Tous droits réservés  Emilio Morenatti/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Dans un pays en proie à une inflation galopante et une pauvreté qui s’installe, les jeunes Espagnols rencontrent des difficultés à accéder à la propriété. Ils sont à peine 5% à pouvoir acquérir un bien immobilier.

L'accès à la propriété inaccessible pour les jeunes Espagnols ? L'immobilier connaît les mêmes prix qu'en 2008, lors de la dernière bulle immobilière. Prix élevés, épargne à disposition faible et un marché de l'emploi fragile rendent les choses difficiles pour nombre d’entres eux.

"On a dû puiser dans nos économies, mais ce n'était pas suffisant", confie Manuel. "Alors on a demandé de l'aide à nos proches", admet le jeune homme à la recherche de son futur appartement.

Manuel fait partie des 5% de privilégiés qui peuvent accéder à la propriété.

La réalité est tout autre pour la moitié des moins de 35 ans. Toujours locataire ou en collocation. Beaucoup sont laissés sur le carreau. Une situation qui agace Nuria. "Le problème, c'est qu'on ne peut pas décider de la manière dont on veut vivre".

Ces jeunes, Maria, agent immobilier du site internet Fotocasa les connaît bien. "Plus de 50% des jeunes nous disent qu'ils vivent en location car ils ne peuvent pas acheter. Ils sont frustrés de cette situation".

La pauvreté synonyme d’isolement

La pauvreté s’accentue dans la société espagnole. Encore plus chez les jeunes. Plus de 5 millions d'entre eux vivent dans une grande précarité et la crainte d’être stigmatisés.

Car aller dans les banques alimentaires les exposent au regard d'une société aux forts préjugés. Un sentiment de rejet qui peut mener à un isolement.

"C'est un fardeau social. Difficile donc de sortir de cette situation car nous les isolons. Nous ne voulons pas avoir de contact avec eux et logiquement ils ont des difficultés à s'intégrer", analyse Fernando Chacon, psychologue.

Conscientes du risque de stigmatisation, les ONG doivent s’adapter. Au lieu de donner des colis alimentaires, elles offrent désormais des bons d'achats. L'ONG Caritas et la banque alimentaire espagnole alertent déjà. La pauvreté en Espagne s'accélère avec l'inflation et concerne un Espagnol sur trois.