Guerre en Ukraine : l'Otan met en garde Moscou contre le "prétexte" d'une "bombe sale"

Archives : le secrétaire de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une déclaration au siège de l'organisation à Bruxelles, le 13 octobre 2022
Archives : le secrétaire de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une déclaration au siège de l'organisation à Bruxelles, le 13 octobre 2022 Tous droits réservés KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Par euronews avec AFP
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La Russie ne doit pas créer une "escalade" dans le conflit en Ukraine, selon l'Otan, sous le "prétexte" d'une "bombe sale" que Moscou accuse de nouveau Kyiv de préparer. D'autre part, le président allemand Steinmeier est arrivé ce mardi dans la capitale ukrainienne.

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L'Otan et les Occidentaux ont prévenu ce lundi la Russie qu'elle ne devait pas créer une "escalade" dans le conflit en Ukraine sous le "prétexte" d'une "bombe sale" que Moscou accuse de nouveau Kyiv de préparer.

Moscou avait avancé pour la première fois ces accusations ce dimanche lors de conversations téléphoniques entre le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et ses homologues américain, français, britannique et turc.

"Les Alliés de l'Otan rejettent cette allégation. La Russie ne doit pas utiliser cela comme un prétexte à une escalade" du conflit en Ukraine, a tweeté ce lundi soir le patron de l'Otan, Jens Stoltenberg, après s'être entretenu avec le chef du Pentagone Lloyd Austin et le ministre britannique de la Défense Ben Wallace.

Paris, Londres et Washington avaient auparavant fustigé ensemble ce lundi des déclarations "fausses" de Moscou: "Personne ne serait dupe d'une tentative d'utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade".

Une bombe radiologique ou "bombe sale" est constituée d'explosifs conventionnels entourés de matériaux radioactifs destinés à être disséminés lors de l'explosion.

Plus tôt ce lundi, le général Igor Kirillov, en charge au sein de l'armée russe des substances radioactives, des produits chimiques et biologiques, avait réitéré ces accusations, affirmant que la fabrication d'une "bombe sale" par les Ukrainiens, qui accuseraient ensuite la Russie de l'avoir utilisée, était "entrée dans sa phase finale".

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a assuré ce lundi qu'"il y a de sérieux soupçons indiquant que de telles choses puissent être planifiées".

"_Bien sûr, nous voyons la réaction des médias occidentaux. Elle ne nous surprend pas. Elle va dans le sens d'un soutien inconsidéré à son protégé Zelensky, lui fournissant son indulgence pour toute action russophobe, non seulement en paroles, mais dans le bombardement de cibles civiles, de populations civile_s", a ajouté le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Moscou.

"Nous règlerons le problème de la bombe sale jusqu'au bout. Nous avons tout intérêt à empêcher une si terrible provocation", a-t-il encore asséné.

Le chef de l'état-major de l'armée russe Valéri Guerassimov s'est également entretenu ce lundi avec ses homologues américain, le général Mark Milley, et britannique, l'amiral Tony Radakin, au sujet de la "bombe sale", selon le ministère russe de la Défense. Le ministère britannique de la Défense a indiqué que Tony Radakin "a rejeté les allégations de la Russie".

Le président ukrainien Volodymr Zelensky a encore raillé lundi soir, lors de son allocution quotidienne, les "diverses idioties sur l'Ukraine" proférées par Moscou: "L'Ukraine est en train de briser la soi-disant deuxième armée au monde, et désormais la Russie ne fera plus que supplier".

L'AIEA viendra sur place

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a demandé à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), d'"envoyer d'urgence des experts" dans les deux structures où la Russie "prétend trompeusement" que l'Ukraine développe une "bombe sale".

Le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, a confirmé une visite "dans les prochains jours" dans un communiqué lundi soir, précisant qu'un des deux lieux avait été inspecté "il y a un mois" et qu'"aucune activité nucléaire non déclarée n'y avait été trouvée".

Les Ukrainiens et les Occidentaux y voient la menace des préparatifs d'une attaque menée sous un faux drapeau, suspectant la Russie d'être prête à faire exploser elle-même une "bombe sale" pour justifier une escalade militaire, par exemple en employant une arme nucléaire tactique en représailles.

"Il y a un schéma récurrent dans ce conflit (...) Les Russes ont accusé les Ukrainiens et d'autres pays de ce qu'ils planifiaient eux-mêmes. C'est ce qui nous inquiète", a réagi le porte-parole du département d'Etat américain Ned Price.

Néanmoins, "nous n'avons vu aucune raison de changer notre posture nucléaire" et "aucune indication que les Russes préparaient le déploiement d'une arme nucléaire", a-t-il précisé.

Au début de son offensive, Moscou avait déjà accusé l'Ukraine de préparer des armes bactériologiques dans des laboratoires secrets financés par les Etats-Unis, allégations démenties par Kyiv.

Les allégations de "bombe sale" interviennent alors que les forces russes sont en difficulté sur plusieurs fronts en Ukraine, ayant perdu en septembre des milliers de kilomètres carrés dans le nord-est et désormais en recul dans la région de Kherson (sud), où les autorités d'occupation russe organisent des évacuations de la population.

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Le commandement ukrainien a annoncé ce lundi avoir repris 90 localités au total dans la région de Kherson, l'un des quatre territoires d'Ukraine dont Moscou a revendiqué l'annexion en septembre, et quatre villages dans les régions de Donetsk et Lougansk, dans l'est du pays.

Le président allemand Steinmeier en visite surprise à Kyiv

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier est arrivé à Kyiv ce mardi, a indiqué sa porte-parole, Cerstin Gammelin, confirmant sa visite surprise en Ukraine.

Il y a une semaine, sa visite prévue à Kyiv avait été annulée pour des raisons de sécurité, ce qui avait suscité des critiques de la part de l'opposition conservatrice mais aussi des libéraux, membres de la coalition gouvernementale.

Pour sa première visite en Ukraine depuis l'invasion de ce pays par les troupes russes, le président allemand a dit "se réjouir de sa rencontre avec le président Volodymyr Zelensky à Kyiv et avec la population dans le nord du pays" où il veut "se faire une idée de leur vie en pleine guerre", selon un texte envoyé par la porte-parole.

Avant de rencontrer M. Zelensky, M. Steinmeier va se rendre dans la petite ville de Korjukiwa (au nord du pays, près de la frontière bélarusse), qui avait été occupée par les troupes russes.

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Cette ville qui est maintenant libérée doit faire face au froid, alors que ses infrastructures sont détruites. Le président allemand va fournir de l'aide à la commune pour ses infrastructures énergétiques.

"Mon message aux Ukrainiens: vous pouvez compter sur l'Allemagne! Nous allons continuer à soutenir l'Ukraine: militairement, politiquement, financièrement et sur le plan humanitaire", a-t-il dit.

M. Steinmeier va prendre la direction du parrainage avec le président ukrainien du réseau de jumelages de villes allemandes et ukrainiennes.

"Plus il y aura de parrainages, plus ce sera facile de passer l'hiver et de construire ensemble un avenir européen", a-t-il dit.

Ce Mardi, doit avoir lieu à Berlin une conférence internationale pour la reconstruction de l’Ukraine. Seront présents des experts, le chancelier allemand Olaf Scholz et le le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Volodymyr Zelensky fera également une allocution vidéo. Denys Chmygal doit également s'entretenir avec la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, sur de possibles nouvelles livraisons d'armes.

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