La Finlande avance sur son projet de barrière avec la Russie

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Par euronews  avec AFP
Archives : véhicules arrêtés à la frontière russe au poste de douane finlandais de Vaalimaa , le 23 septembre 2022
Archives : véhicules arrêtés à la frontière russe au poste de douane finlandais de Vaalimaa , le 23 septembre 2022   -   Tous droits réservés  asu Makinen/Lehtikuva via AP

Les gardes-frontières finlandais (Rajavartiolaitos en vo).  ont présenté ce vendredi un plan détaillé prévoyant la construction d'une barrière pour renforcer la sécurité de leur frontière avec la Russie, sous tension depuis l'invasion de l'Ukraine.

Surmontée de barbelés, cette clôture de trois mètres de haut, doit être construite sur une zone couvrant 200 km le long d'une route, pour une somme totale de 380 millions d'euros.

Les zones particulièrement sensibles seront équipées de caméras à vision nocturnes, d'éclairage et de haut-parleurs, a expliqué lors d'une conférence de presse le chef du projet au sein des gardes-frontières, Ismo Kurki.

La construction, divisée en trois phases, débutera en mars 2023 avec la mise en place d'une barrière pilote sur trois kilomètres au passage frontalier d'Imatra.

En fonction des résultats de cette phase, la deuxième étape vise la construction fin 2023 de 70 kilomètres supplémentaires de barrière dans les zones autour des passages frontaliers.

En tout, sur les plus de 1 300 km que partagent les deux pays, il n'existe qu'une dizaine de points de passages entre la Finlande et la Russie. Cette frontière est également la plus longe entre un pays de l'Union européenne et la Russie. Elle pourrait être également la plus longue entre un pays membre de l'Otan et la Russie, la Finlande ayant fait une demande d'adhésion à l'Organisation.  

Le gouvernement a déjà ajouté dans son budget une enveloppe supplémentaire de 6 millions d'euros pour la phase pilote et 139 millions pour la deuxième.

La dernière phase doit s'achever en 2025 ou 2026, selon le brigadier-général Jari Tolppanen.

"C'est l'un des plus grands projets jamais entrepris par les gardes-frontières", a-t-il déclaré aux journalistes.

Craignant que Moscou n'utilise les migrants pour exercer une pression politique, la Finlande, candidate à l'Otan, a amendé en juillet sa loi sur les gardes-frontières pour faciliter la construction de barrières plus solides.

Bien que la frontière entre la Finlande et la Russie ait "bien fonctionné" dans le passé, la guerre en Ukraine a "fondamentalement" changé la situation sécuritaire.

"Dans cette situation, nous avons toutes les raisons de reconsidérer notre dispositif", a déclaré Jari Tolppanen.

Les frontières finlandaises sont actuellement principalement sécurisées par de légères barrières de bois, essentiellement conçues pour empêcher le bétail de se déplacer.

Lauri Heino/Lehtikuva via AP
Archives : véhicule des gardes-frontières finlandais au point de passage de Nuijamaa, le 22 septembre 2022Lauri Heino/Lehtikuva via AP

Les nouveaux amendements permettent de fermer les passages aux frontières et de réunir les demandeurs d'asile à des points spécifiques en cas de tentative d'entrée à grande échelle en Finlande.

Pour Jari Tolppanen, cela signifie que "dans une situation extrême", les gardes-frontières "seront chargés d'empêcher l'entrée en Finlande", une tâche "nouvelle".

Selon lui, les barrières aux frontières sont "indispensables" pour arrêter des entrées illégales à grande échelle depuis le territoire russe.

L'Estonie, la Lettonie et la Pologne ont également accru ou prévoient d'accroître la sécurité à leurs frontières avec la Russie.

En septembre, des Russes ont afflué en Finlande après l'annonce du président Vladimir Poutine sur la mobilisation de réservistes pour combattre en Ukraine.

Helsinki a ensuite considérablement restreint l'entrée de citoyens russes sur son territoire.