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Surmortalité : les canicules et le Covid ont fait plus 10 000 morts cet été en France

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Par Euronews  avec AFP
Service d'urgences dans l'hôpital de Montauban dans le sud de la France - 20.06.2022
Service d'urgences dans l'hôpital de Montauban dans le sud de la France - 20.06.2022   -   Tous droits réservés  VALENTINE CHAPUIS / AFP

C'est un triste record. L'été 2022 a été le meurtrier depuis 2003. Santé publique France (SpF) estime l'excès de mortalité à plus de 10 000 décès et pointe deux responsables, les vagues de canicules successives et le Covid-19.

Lors du deuxième été le plus chaud depuis 1900, il y a eu 10 420 décès en excès entre le 1er juin et le 15 septembre, selon une estimation donnée lundi soir par l'agence Santé publique France dans un bilan "Canicule et santé".

L'excès de mortalité renvoie au nombre de décès observé par rapport à celui attendu, établi en le comparant aux cinq périodes précédentes, et ajusté en fonction du vieillissement démographique.

Le bilan de la surmortalité lors des canicules de 2022 est "le plus important depuis 2003", année mémorable pour sa canicule de trois semaines d'affilée qui avait causé 15 000 décès, a souligné SpF. A la suite de cela, un plan national canicule avait été créé.

Une part de la surmortalité de l'ensemble de l'été 2022 est aussi "vraisemblablement due à une exposition à de fortes chaleurs" sous "les seuils d'alerte canicule". Il faudra attendre début 2023 pour avoir une estimation précise de leur rôle spécifique.

Trois canicules "intenses et remarquables"

Si cet été a été spécialement chaud et sec, il a aussi été marqué par une recrudescence de Covid et il est difficile de dissocier les deux facteurs. "Il y a une interaction complexe", a résumé lors d'un point presse Guillaume Boulanger, responsable de l'unité "Qualité des milieux de vie et du travail et santé des populations" de SpF. "Le Covid-19 a pu augmenter la vulnérabilité à la chaleur pour certaines personnes", et réciproquement.

D'autres éléments, comme des accidents de la route ou des noyades, ont pu influencer "mais à la marge" l'excès de mortalité.

Lors d'un été aux multiples manifestations de réchauffement climatique, la France a notamment traversé trois canicules "intenses et remarquables": une en juin, d'une précocité inédite, une en juillet, la plus longue et qui a touché les deux tiers des Français, une dernière en août.

Les 75 ans et plus ont été les plus touchés par la surmortalité dans ces périodes: un décès en excès sur six a concerné cette tranche d'âge (2 272 décès en excès soit une augmentation de plus de 20%).

Le continent européen est celui qui se réchauffe le plus vite, enregistrant une hausse des températures plus de deux fois supérieure à la moyenne planétaire lors des trente dernières années, selon l'ONU.