Espace : le Royaume-Uni va mettre des satellites en orbite depuis son territoire, une première

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Par Margaux Racaniere
L'avion, un Boeing 747, a été surnommé Cosmic Girl.
L'avion, un Boeing 747, a été surnommé Cosmic Girl.   -   Tous droits réservés  Business Wire via AP Photo

Le Royaume-Uni est sur le point de lancer ses premiers satellites depuis le sol britannique. Une opération qui, il l'espère, propulsera le pays parmi les grandes puissances spatiales internationales.

C'est un pas de géant pour l'industrie spatiale britannique. C'est la première fois que le Royaume-Uni envoie des satellites en orbite depuis son territoire. Mais pas depuis une aire de lancement gigantesque comme à Orlando ou en Alaska aux Etats-Unis. Le départ est fixé à 22 heures, heure locale, depuis le port spatial des Cornouailles, aménagé au sein de l'aéroport commercial de New Quay, au sud-ouest de l'Angleterre.

#StartMeUp est le premier vol spatial orbital à partir du sol britannique. Lancé par Virgin Orbit avec l'agence spatiale britannique.

"La beauté du lancement horizontal ou du lancement aérien est que nous pouvons utiliser un aéroport. Nous n'avons pas à construire une rampe de lancement au milieu de nulle part." précise Melissa Thorpe, directrice de l'espace spatial des Cornouailles"

L'avion, surnommé Cosmic Girl va survoler l'océan atlantique pendant une heure, avant de larguer le lanceur à 10 000 mètres d'altitude au sud de l'Irlande. Le lanceur devrait alors se déclencher et propulser les neuf satellites en orbite.

La mission est surnommée "Start Me Up" en référence à la chanson des Rolling Stones. Elle utilise un ancien avion de ligne, un Boeing 747 de Virgin Atlantic, qui transportera le lanceur "Launcher One" de Virgin Orbit.

Les satellites serviront en partie pour le renseignement britannique et la recherche militaire. D'autres sont commerciaux et serviront le Royaume-Uni, la Pologne et le Sultanat d'Oman.

En tout, les gouvernements de Cornouailles et du Royaume-Uni ont investi près de 20 millions de livres sur le site (environ 22 millions d'euros).

Le ministre chargé de la science, de la recherche et de l'innovation se réjouit sur Twitter du lancement de satellites. Il dit espérer une bonne météo, pour éviter un report du lancement.

Se faire une place sur la scène spatiale internationale

Pour le Royaume-Uni, l'enjeu de ce lancer est immense. Jusque là, le pays avait la capacité de construire des satellites, mais avait été obligé de les envoyer à l'étranger pour les propulser en orbite. 

De nombreux projets spatiaux sont prévus pour 2023-2024. Le Royaume-Uni prévoit notamment de se positionner sur les petits satellites commerciaux :  "Nous sommes en très bonne position [...] pour les petits satellites d'observation de la terre, les satellites de communication, avait développé le ministre des sciences britannique, George FreemanLa Norvège et nous-mêmes avons examiné nos opportunités, compte tenu de notre géographie. Et je suis ravi de dire que, contrairement à la course au pôle Sud, nous avons l'intention de battre les Norvégiens sur ce point".

La prochaine grande étape est un lancement vertical, directement depuis une aire de lancement en Ecosse. L'espace spatial SaxaVord est en train d'être construit sur la péninsule de Lamba Ness.