Le Brésil encore sous le choc une semaine après la tentative d'insurrection

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Par Euronews
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva à Brasilia, après la tentative d'insurrection.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva à Brasilia, après la tentative d'insurrection.   -   Tous droits réservés  Eraldo Peres/Copyright 2023 The AP. All rights reserved

Une semaine s’est écoulée depuis la tentative d’insurrection au Brésil. Dimanche dernier, des manifestants pro-Bolsonaro ont envahi pendant plusieurs heures les bâtiments du gouvernement dans la capitale Brasilia.

Une journée qui restera gravée dans la mémoire collective du pays.

"C'était révoltant et scandaleux, dit une femme. Je me suis sentie malade ce soir-là et j'ai décidé d'arrêter de regarder les informations."

"J'ai trouvé cela absurde, dit une autre Brésilienne. C'était un manque de respect, une absence totale de démocratie. Je n'avais jamais vu ça."

"Ma réaction a été l'étonnement, le choc, explique un homme. Pour moi, c'était un délire collectif parce que des gens ont été amenés à faire quelque chose d'absurde en pensant qu'ils agissaient de la bonne manière, qu'ils se battaient pour un idéal. C'était un crime. Et les vrais coupables doivent être punis."

Enquête en cours

Ce samedi, l’ex-ministre de la justice Anderson Torres a été arrêté, accusé de connivence avec les émeutiers. L’ancien président Jair Bolsonaro est lui aussi visé par l’enquête sur les saccages des institutions nationales.

"C'était une tentative de coup d'État, affirme Leo Puglia, professeur d’histoire et de sociologie. Nous ne savons pas encore exactement qui était derrière ni quel était le plan, cela fait l’objet d’une enquête"

Selon lui, le président Lula sort grandi de ces évènements.

"Lula est maintenant perçu comme un leader du mouvement de défense de la démocratie dans un moment de grave menace historique, explique-t-il. Mais d'un autre côté, cet événement montre aussi la résilience des franges radicales du bolsonarisme, jusqu'où elles peuvent aller. On peut s’attendre au pire avec eux. Il y a une partie importante de la population qui est déconnectée de la réalité et qui est radicalisée."

Si Lula a réussi à faire son retour au pouvoir, il est désormais confronté à la colère des partisans de son prédécesseur Jair Bolsonaro, dans un pays plus divisé que jamais.

"Je pense que c'est une chose qui se développe, estime cette femme. Je n’ai pas l’impression que cela va s’arrêter. Une seule personne a réussi à implanter dans la tête de millions d’autres un discours de haine si grand, un discours de plus en plus violent, et nous en observons maintenant les conséquences. La démocratie, dont nous parlons si souvent, a disparu dimanche dernier."