Brésil : le temps de l'enquête et des arrestations

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Par Euronews  avec AFP
La police fédérale brésilienne enquête sur la mise à sac du Congrès par les supporteurs de l’ancien président Jair Bolsonaro. A Brasilia, le 9 janvier 2023
La police fédérale brésilienne enquête sur la mise à sac du Congrès par les supporteurs de l’ancien président Jair Bolsonaro. A Brasilia, le 9 janvier 2023   -   Tous droits réservés  Eraldo Peres/Copyright 2023 The AP. All rights reserved

Gyrophares, portes de voiture qui claquent et policiers cagoulés, à la recherche du moindre indice... La Place des Trois Pouvoirs à Brasilia, devant le Congrès brésilien, est devenue une scène de crime. Quatre jours après l'assaut des lieux de pouvoir, le temps est à la recherche et l'arrestation de coupables. Anelise Borges, notre envoyée spéciale, s'est rendue sur place.

"C'était une attaque, concrète et réelle. C'était du vandalisme, c'était fou! Si vous n'êtes pas d'accord avec les résultats des élections... Moi, je n'étais d'accord avec celles de 2018, mais je n'ai rien vandalisé pour autant", explique une habitante de Brasilia, scandalisée par l'étendue des dégâts. 

Selon les enquêteurs, la majorité des émeutiers étaient des partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro, qui refusent de reconnaître les résultats de l'élection présidentielle. Mais certains Brésiliens ne sont pas convaincus par ces conclusions, et estiment que les faits sont exagérés, comme l'explique une passante venue voir le Congrès avec sa famille: "même sous le précédent mandat de Lula, les manifestants des "sans-terres", et les sans-abris le faisaient aussi. Les manifestants indigènes le faisaient aussi... Il y a toujours des manifestants qui cassent tout. Et maintenant, ils disent que c'est antidémocratique et terroriste ? Donc dans le passé, ils y avait aussi des terroristes… Pourquoi ne les ont-ils pas qualifiés de cette façon? Et à cette époque personne n'a été emprisonné. Personne n'a fait l'objet d'une enquête."

Au total, plus de 1 500 personnes ont été arrêtées. Ces derniers jours, plusieurs mandats d’arrêt ont été émis, et des perquisitions ont été effectuées dans la capitale chez les dirigeants soupçonnés d’être responsables du saccage. Certains d'entre eux auraient même appelé à une intervention militaire, et financé les cars partis de différentes villes du pays pour transporter des pro-Bolsonaro jusqu'à Brasilia.

Ancien Ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo commente : "la démocratie tolère tout, sauf les actes qui visent à l'exterminer. Si nous n'agissons pas avec vigueur contre ceux qui veulent détruire la démocratie, nous allons la perdre. Les responsables doivent être mis derrière les barreaux. Ceux qui ont agi politiquement doivent perdre leur mandat. Et du point de vue de la responsabilité civile_–_ils doivent payer de leur propre poche les dommages causés au patrimoine public."

"C'est un groupe de fous furieux qui n'ont pas encore compris que l'élection est terminée", a déclaré mercredi le président Lula, lors d'une réunion au Palais présidentiel avec des représentants du Congrès, dont le président de la Chambre des députés, Arthur Lira.

Les enquêteurs auront besoin de temps pour faire la lumière sur le déroulement et l'organisation des évènements. Pourtant, une nouvelle manifestation anti-gouvernementale est déjà prévue la semaine prochaine.