L'Ukraine réclame "considérablement" plus d'armes occidentales, notamment des chars lourds

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Par Euronews  avec AFP
Le président du conseil européen Charles Michel et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à Kyiv, Ukraine, le 19 janvier 2023
Le président du conseil européen Charles Michel et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à Kyiv, Ukraine, le 19 janvier 2023   -   Tous droits réservés  Efrem Lukatsky/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.

Le président du Conseil européen Charles Michel était à Kyiv ce jeudi pour rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui réclame des armes lourdes occidentales, notamment des véhicules blindés.

"Des chars doivent être livrés" lui a répondu Charles Michel à l'issue de sa visite. "Nous entendons votre message. Vous avez besoin de plus de systèmes de défense anti-aérienne et d'artillerie, de plus de munitions", a par ailleurs indiqué Charles Michel sur Twitter, affirmant que les Occidentaux étaient "conscients" que "l_es prochaines semaines pourraient être décisives pour la suite_" de la guerre avec la Russie.

"Il est certain qu'un dixième paquet de sanctions sera nécessaire et pour être clair, nous devons voir quels secteurs supplémentaires peuvent être visés" a-t-il par ailleurs déclaré.

Chars Leopard, Berlin voudrait se lancer avec Washington

Kyiv réclame notamment de l'Allemagne de lui livrer des chars Leopard qui, selon des experts, sont cruciaux dans les batailles en cours et à venir dans l'Est et le Sud de l'Ukraine.

Berlin fait l'objet aussi d'une pression croissante de plusieurs voisins européens pour qu'elle autorise des livraisons de ces véhicules blindés.

Selon des informations de presse, Berlin ne livrera des chars lourds que si les Etats-Unis en font autant avec leurs Abrams. Or, Washington n'est pas prêt dans l'immédiat à fournir à l'Ukraine ces puissants chars de combats, selon un haut responsable du Pentagone.

Les autorités ukrainiennes disent également avoir besoin de systèmes de missiles d'une portée de plus de 100 km pour pouvoir frapper la chaîne logistique russe, notamment les dépôts de munitions. 

Vendredi, les ministres de la Défense et de hauts responsables militaires des pays occidentaux apportant une aide militaire à l'Ukraine se réunissent autour du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, à Ramstein en Allemagne.

Plusieurs pays annoncent des livraisons conséquentes d'armes

À la veille de la rencontre, Londres a promis jeudi 600 missiles supplémentaires Brimstone, le Danemark de donner à l'Ukraine ses 19 canons Caesar de fabrication française, et la Suède de livrer des canons automoteurs Archer. Ces systèmes ont tous une portée de plusieurs dizaines de kilomètres mais elle est inférieure à celle réclamée par les Ukrainiens.

L'Estonie également fait un effort équivalent à plus d'1% de son PIB, c'est ce qu'indique la Première ministre du pays balte sur Twitter en fournissant à l'Ukraine des obusiers, des lance-grenades et des munitions.

Le Royaume-Uni avait déjà promis 14 chars lourds Challenger 2 et la Pologne se dit prête à envoyer 14 chars Léopard 2 de fabrication allemande, un total qui reste loin des centaines de ces véhicules dont l'Ukraine dit avoir besoin pour lancer des offensives dans l'Est et le Sud.

Moscou menace d'escalade et évoque la "sécurité européenne"

Les Occidentaux craignent, malgré les assurances ukrainiennes, que Kyiv puisse provoquer une escalade en usant de ces armes pour frapper en profondeur le territoire russe et les bases aériennes et navales de Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie.

Néanmoins, selon le quotidien New York Times, l'administration de Joe Biden commence à réfléchir à la possibilité de donner à l'Ukraine les moyens d'attaquer la Crimée, car il s'agit d'une base-arrière clé pour l'effort de guerre russe.

Face à ces annonces, la Russie a martelé que le transfert d'armements de plus longue portée à l'Ukraine entraînerait une escalade. Le Kremlin a d'ailleurs adressé jeudi un avertissement clair : ces livraisons ne promettent "rien de bon pour la sécurité européenne".

Sur le champ de bataille, les forces russes, appuyées par le groupe paramilitaire privé Wagner, redoublent d'efforts pour prendre Bakhmout, ville de la région de Donetsk qui fait l'objet d'une bataille sanglante depuis des mois. 

Au cours des 15 derniers jours, les combattants russes ont gagné un peu de terrain, prenant une large partie de la cité voisine de Soledar, première victoire russe après des mois de revers infligés par Kyiv, grâce aux armements occidentaux.