Euroviews. Suède : la montée de l'extrême droite sur fond de précarité sociale

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Reportage dans un quartier sensible de Stockholm

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Un pont inachevé a défrayé la chronique en Suède. Il doit bientôt relier le quartier réputé difficile de Rinkeby, au Nord de Stockholm, à la commune voisine et plus prospère de Sundbyberg.

Colère de l’extrême-droite suédoise, qui craint de voir se propager la criminalité, qu’elle associe à l’immigration. Rinkeby est l’un des théâtres de la violence de gangs qui fait rage en Suède, où les crimes mortels ont augmenté de près de 40% en un an. 

Clarissa a rejoint la police de Rinkeby il y a 17 ans. Les équipes sont dépassées par le niveau de violence dit-elle.

« Les armes sont plus sophistiquées. Il y a pas mal de pistolets. Il y a des grenades aussi. Il y a des explosifs. Un Uzi.. Des Uzi en Suède, c’est dans l’armée ! Ce sont des jeunes qui se tuent entre eux. Et ils prennent des contrats, des contrats d'assassinat. Parce qu’ils vont gagner un peu d’argent. » explique la policière. 

Entré en force au Parlement en septembre dernier le parti d’extrême-droite des Démocrates de Suède a imposé à la coalition au pouvoir une ligne dure en matière d’immigration, accusée de tous les maux du pays.

"Aujourd'hui, 20% de la population suédoise est née à l'étranger. Ces étrangers viennent de pays à faible revenu et sont peu éduqués. Et cela a considérablement accru les inégalités sociales en Suède." justifie Martin Kinnunen, du parti populiste. 

Un raccourci simpliste, rétorque le journaliste Andreas Cervenka. Son livre « la Suède avide » décrit comment l’État providence est devenu un paradis pour les super riches.

« Il y a plus de milliardaires en dollars par habitant que dans la plupart des pays du monde, à l'exception de quelques petits paradis fiscaux. Depuis 30 ans, nous avons aboli beaucoup d'impôts avec la suppression de l'impôt sur la fortune, l'impôt foncier, l'impôt sur les donations et l'impôt sur les successions. Nous avons donc une élite petite mais très, très riche. Et ensuite, on a un groupe assez important - économiquement vulnérable, et elle représente près de 15 % de la population." 

Aggravée par la crise et une inflation de plus de 15% sur les produits alimentaires, la précarité touche un public de plus en plus grand, s’inquiète le responsable de la principale organisation caritative du pays.

"Ces deux dernières années, nous avons vu un nombre croissant de demandeurs d'aides sociales. Mais cette année, il a considérablement augmenté. Les gens ont du mal à manger à leur faim. Nous devons arrêter cette situation. C'est la responsabilité des politiciens !" déplore Jonas Wihlstrand.

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