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Nationalisme, populisme : vers la fin du centrisme en Europe ?

Anna-Maja Henriksson (parti populaire suédois), Petteri Orpo (parti de la coalition nationale), Riikka Purra (Parti des Finalndais) et Sari Essayah (Chrétiens démocrates)
Anna-Maja Henriksson (parti populaire suédois), Petteri Orpo (parti de la coalition nationale), Riikka Purra (Parti des Finalndais) et Sari Essayah (Chrétiens démocrates) Tous droits réservés Heikki Saukkomaa/Lehtikuva
Tous droits réservés Heikki Saukkomaa/Lehtikuva
Par Stephane HamalianChristophe Garach
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Dans de nombreux pays de l'UE, les mouvements populistes, nationalistes ou d'extrême droite n'en finissent plus d'engranger les succès au détriment des grands partis de gouvernement (de centre-droit ou de centre gauche).

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Dernier exemple en Finlande : vendredi, après deux mois d'intenses négociations, le futur Premier ministre Petteri Orpo, à la tête de la Coalition nationale (centre-droit), a annoncé un accord  gouvernemental avec le Parti des Finlandais, la formation d’extrême droite arrivée deuxième aux législatives.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle alliance se met en place, ni en Finlande ni ailleurs en Europe. De la Lettonie, à l'Italie en passant par la Pologne ou la Hongrie, les coalitions nationales-conservatrices ont le vent en poupe. 

Autre cas de figure : en Suède, certes, le parti des Démocrates de Suède (SD), fondé par des nationalistes dont des néonazis, n'est pas entré au gouvernement mais il le soutient. Concrètement, SD vote les lois proposées par l’exécutif et contribue en coulisse à la mise en oeuvre d'une partie de sa ligne politique.

Dans une Europe fracturée par les clivages politiques, qui opposent pro et anti- Européens, pro et anti-immigration ou encore conservateurs contre progressistes, le centre est de plus en plus concurrencé.

Sylvie Guillaume, historienne, professeure honoraire des Universités : "Le centrisme, c'est la recherche d'un consensus. Et à partir du moment où il y a clivage, et les clivages se développent effectivement beaucoup plus par le biais des réseaux sociaux, à partir du moment où il y a des clivages très forts, très durs dans la société, vous avez un affaiblissement du centrisme."

Avec des réseaux sociaux qui se sont presque substitués aux corps intermédiaires, l'épisode des gilets jaunes en France est un exemple, l'électorat s'est détourné des parti traditionnels, cédant aux discours populistes.

"Ce n'est pas seulement qu'un phénomène politique", poursuit Sylvie Guillaume. "Ce sont aussides phénomènes sociaux. Avant, vous aviez des partis politiques, des syndicats, des structures qui encadraient en quelque sorte, qui avaient pour fonction l'encadrement. Maintenant, ces partis politiques dits classiques se sont effondrés."

Mais si les partis traditionnels sont en difficulté, leurs idées progressistes et consensuelles semblent être reprises... par les partis populistes dès lors qu'ils sont aux portes du pouvoir, comme le revirement de Marine le Pen sur l'Europe, ou déjà installés comme Giorgia Meloni, et sa position sur l'Otan et la Russie.

Jean-Pierre Darnis, maitre de conférences à l'Université Côte d'Azur : "On peut avoir des discours protestataires, on peut avoir des formes de populisme. Mais lorsqu'on arrive aux affaires et si on veut y rester, on se met à cultiver ce que l'on aurait appelé dans le temps un discours centriste."

Reste à savoir si le Parlement européen, bastion du centrisme, résistera aux assauts des partis populistes lors des prochaines élections européennes en juin 2024.

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