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Adhésion à l’UE : "l’Ukraine a fait des progrès auxquels personne ne s’attendait"

Ursula von der Leyen, Volodymyr Zelenskyy, et Charles Michel, lors d'un sommet européen à Bruxelles, le jeudi 9 février 2023.
Ursula von der Leyen, Volodymyr Zelenskyy, et Charles Michel, lors d'un sommet européen à Bruxelles, le jeudi 9 février 2023. Tous droits réservés Virginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Virginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Anne Devineaux
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Un an après le début de l’invasion russe, où en est Kiev sur le sinueux chemin de l’adhésion à l’UE ? Des experts soulignent les efforts "considérables" réalisés par l'Ukraine depuis l'obtention de son statut de candidat en juin 2022.

L’Ukraine a obtenu son statut de candidat à l’Union européenne en un temps record, en juin 2022. Depuis, le pays s'efforce malgré la guerre de démontrer sa volonté de répondre aux exigences des 27.

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Accorder le statut de candidat à l'UE à un pays en guerre, le scénario est inédit pour les 27. Et pourtant, huit mois après l'obtention de ce statut, "l'Ukraine est à un stade très avancé même si elle n’a pas mis en œuvre tout ce qu’on lui a demandé", estime Benjamin Couteau, chercheur à l’Institut Jacques Delors, spécialiste de l’élargissement de l’UE. "L’Ukraine a fait des progrès auxquels personne ne s’attendait", souligne-t-il. 

Un avis partagé par Alberto Alemanno, professeur de droit de l’Union européenne à HEC. "L’Ukraine a montré un effort assez considérable dans la mesure où après avoir reçu le statut de candidat, elle a mis en œuvre toute une série de groupes de travail qui ont accéléré la préparation et la satisfaction des critères qui ont été imposés par les 27", dit-il.

Quelles avancées ?

En tête de ces critères, appelés critères de Copenhague et de Madrid, figure la défense d’un système démocratique stable. "Il faut démontrer que l’Ukraine est une démocratie et va rester une démocratie respectueuse de l’état de droit et dans lequel le pouvoir judiciaire reste indépendant", précise Alberto Alemanno.

Parmi les avancées mises en avant, le vote en décembre dernier au Parlement ukrainien d'une "loi sur les médias". L’UE avait conseillé à l’Ukraine de réformer sa législation en la matière. Le texte prévoit notamment de restreindre l’influence des oligarques sur les médias ukrainiens. 

Lutte contre la corruption

Mais d’autres réformes demandées par Bruxelles stagnent, notamment concernant les efforts de lutte contre le blanchiment d’argent ou encore l’épineux sujet de la lutte contre la corruption.

Sur ce point, Benjamin Couteau rappelle néanmoins la vaste opération anti-corruption lancée en début d'année au sein même du gouvernement ukrainien. "On a eu une vraie volonté de montrer aux institutions européennes que l’Ukraine luttait contre la corruption. Il y a eu une perquisition chez un milliardaire auparavant très proche de Volodymyr Zelensky. Des hauts fonctionnaires du ministère de la défense et un ancien ministre de l’intérieur ont été visés", précise-t-il.

Vers l’ouverture de négociations ?

Sur la longue route vers l’adhésion, la prochaine étape pour Kiev est d’obtenir l’ouverture des négociations. Pour l’heure, aucun agenda n’a été donné. "Il faut à la fois que l’Ukraine remplisse les conditions demandées par l’UE et que tous les Etats membres soient d’accords, à l’unanimité", rappelle Benjamin Couteau.

"Les dossiers principaux : Etat de droit, corruption, indépendance du judiciaire, c’est là que l’Ukraine va être jugée de manière plutôt sévère par plusieurs états membres, notamment les Pays-Bas qui ont freiné ou ont été plus réalistes dans ses promesses à M. Zelensky", estime de son côté Alberto Alemanno, spécialiste en droit de l’UE.

Le processus dépend de l'issue de la guerre

En outre, beaucoup d’incertitudes restent liées à ce contexte inédit d’une candidature dans un pays en guerre. "Il est presque impossible de concilier la satisfaction des différentes conditions d’adhésion tout en étant dans un état de guerre", rappelle Alberto Alemanno.

Au niveau politique, mais aussi économique, le conflit génère de nombreuses inconnues. Quels seront les coûts liés la reconstruction ? L’Ukraine pourra-t-elle se maintenir aux standards économiques requis par l’UE ?  

"On ne sait pas dans quel état le pays se trouvera à la fin de la guerre", note Benjamin Couteau. Et de conclure, "la seule chose dont on est sûr c’est la détermination des Ukrainiensà aller le plus rapidement possible et le plus loin possible dans ce processus d’adhésion".

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