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Pourquoi les villes doivent s'adapter face aux pics de chaleur

Les villes vont devoir s'adapter aux pics de chaleurs plus fréquents
Les villes vont devoir s'adapter aux pics de chaleurs plus fréquents Tous droits réservés AFP
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Par Enrique Barrueco (adapté de l'anglais)
Publié le
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Face au réchauffement climatique et aux pics de chaleur plus fréquents, les villes vont devoir se réinventer. Entretien avec deux experts.

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Comment survivre en ville face aux vagues de chaleur extrême que les modélisations météorologiques envisagent désormais à plus grande échelle et sur des périodes beaucoup fréquentes ?

A l'avenir, le problème risque d'être d'autant plus impactant que, selon les Nations unies, plus de la moitié de la population mondiale vit déjà dans les grands centres urbains (plus des deux tiers d'ici 2030). 

Or les villes consomment à elles seules une grande partie de l'énergie mondiale et sont responsables d'environ 70 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie, qui absorbent la chaleur et provoquent le réchauffement de la planète.

Structurellement, l'urbanisation conjugue aussi tous les handicaps pour résorber la chaleur. Les villes ont d'abord été conçues comme des espaces où domine largement l'environnement minéral, au détriment des espaces naturels. Une véritable pompe à chaleur amplifiée par l'usage intensif des climatiseurs, sans parler de la circulation automobile et de l'activité humaine en général.

Résultat, en été, les centres urbains risquent de devenir de véritables pièges pour les personnes âgées, les enfants et les personnes les plus vulnérables.

Harriet Bulkeley, spécialiste du réchauffement urbain et professeur à l'université de Durhan et à l'institut Copernicus de l'université d'Utrecht : "L'accès à la nature dans les villes est très diversifié et ce sont les zones les plus pauvres qui y ont le moins accès. Cela signifie que certaines des personnes les plus vulnérables aux effets de la chaleur n'ont pas accès aux solutions qui pourraient les aider. Alors que nous allons de l'avant et que nous pensons à présenter la nature en termes d'espaces verts ou d'espaces ouverts pour soutenir les communautés qui réagissent à la chaleur, nous devons réfléchir à la manière dont nous allons donner la priorité aux plus vulnérables.

Harriet Bulkeley a donc entrepris une étude, auprès des jeunes notamment, pour mener avec eux "une réflexion sur la façon dont les différentes communautés de la ville ont accès à la nature et sur ce que nous allons faire à ce sujet. Il s'agit là d'un défi de taille, car bon nombre des communautés qui vivent dans nos villes, qui sont les plus pauvres et qui ont le moins d'accès à la nature, ont également le moins de ressources et peuvent également faire la différence".

Le premier des risques est la voiture, c'est un gros problème et c'est vraiment inconsidéré
Eleni Myrivilli
Conseillère en développement durable à Athènes

Certaines villes sont déjà engagées à relever ces défis futurs et ont mis en place avec succès des politiques publiques d'endiguement, comme Malmö en Suède, Paris, Milan, Barcelone ou Lisbonne. L'expérience accumulée est suffisante pour identifier les principaux risques contribuant au réchauffement climatique dans la ville.

Eleni Myrivilli, conseillère en développement durable à Athènes  : "le premier des risques est la voiture, c'est un gros problème et c'est vraiment inconsidéré, et les dépenses pour la climatisation sont vraiment mauvaises et stupides. L'utilisation de l'air conditionné est également un très gros problème (...) Nous devons apprendre à mettre en place des infrastructures vertes et bleues dans les villes ou des infrastructures mixtes, grises et vertes à la fois. Et cela prendra du temps. Nous devons changer notre façon de faire les courses. (...) Un autre ennemi est que nos hommes politiques ne font souvent pas du changement climatique une priorité, ce qui concerne également nos propres communautés."

Dans la situation actuelle, les mesures de réponse ne sauraient souffrir de retard au risque d'aggraver la situation.

Harriet Bulkeley : "la première chose serait de maintenir ce que nous avons. Et la seconde serait d'essayer d'introduire plus de nature dans les villes, qui pourraient prendre la forme de murs verts, de toits verts, de petits parcs de rue, d'arbres ombragés (...) Nous pourrions commencer par simplement peindre les toits en blanc. Une grande partie de l'asphalte des villes est également très sombre. Or, plus il y a de surfaces sombres dans les villes, plus elles absorbent la chaleur. (...) Introduire des zones bleues dans les villes peut être un peu plus rapide que de cultiver la nature dont nous avons besoin dans les villes pour assurer notre subsistance (...) Nous pouvons penser à la chaussée. Nous pouvons penser à la chaussée, et donc à l'enlèvement d'une partie de la chaussée que nous avons dans nos villes".

Il est urgent de faire appel à l'ingéniosité

Le Forum économique mondial de Davos a cité des exemples allant de l'amélioration de l'assainissement par le recyclage des déchets à l'opportunité de planter de petites forêts urbaines.

Si les scientifiques affirment qu'un seul arbre peut capturer jusqu'à 22 kg de CO2 en une année, certaines entreprises d'intervention forestière affirment que lorsque plusieurs espèces sont cultivées ensemble, les arbres poussent plus vite et capturent jusqu'à 6 % de CO2 en plus.

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