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Banlieues françaises : pourquoi une telle colère ?

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Par Monica Pinna
Publié le Mis à jour
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La France porte encore les traces de plusieurs nuits d'émeutes déclenchées par la mort du jeune Nahel, tué par un policier en juin à Nanterre. Mais que cache la colère des banlieues ? Notre reporter Monica Pinna a cherché des réponses près de Lyon.

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Le quartier des Minguettes est l'un des 1 500 quartiers prioritaires de France. Près de cinq millions et demi de personnes vivent dans des quartiers défavorisés comme celui-ci situé à Vénissieux, au sud-est de Lyon.

Les habitants des banlieues défavorisées sont souvent, des immigrés ou des Français de troisième ou quatrième génération. La pauvreté y est trois fois plus forte que dans le reste du pays et le chômage est endémique, en particulier chez les jeunes.

"On a peur de ce qui se passe autour de nous, on a peur de la police," dit une mère de famille

Dans les banlieues, la criminalité liée à la drogue est plus élevée que la moyenne nationale et cause une plus grande insécurité pour tous. Les façades d'immeubles Les relations entre les résidents et la police sont devenues problématiques. "Ils me contrôlent trois ou quatre fois par jour," me raconte un adolescent des Minguettes. "Quand on leur demande pour quel motif, ils nous disent : 'Ta g***, mets-toi contre le mur !' Ils ne savent pas parler, mais que frapper et gazer," dénonce-t-il.

"On a peur de ce qui se passe autour de nous, on a peur des policiers," dit une mère célibataire avec deux enfants qui a accepté de me rencontrer dans une aire de jeux du quartier. "Ils nous mettent eux-mêmes dans une insécurité quand ils viennent nous gazer comme ça, gratuitement, dans le jardin des enfants," explique-t-elle. "Il n'y a aucun dialogue, c'est un rapport de force," déclare l'habitante.

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Les façades d'immeubles utilisées comme panneaux publicitaires pour le marché de la drogueEuronews

"Des problèmes profonds de racisme" au sein des forces de l'ordre selon l'ONU

Le nombre de victimes présumées de violences policières augmente en France. Suite à la mort de Nahel, les Nations Unies ont demandé aux autorités du pays, de s'attaquer aux "problèmes profonds de racisme et de discrimination" au sein des forces de l'ordre.

Une étude rapporte que les jeunes de couleur ou d'origine nord-africaine sont vingt fois plus susceptibles d'être contrôlés par la police que le reste de la population. Les syndicats de police et le gouvernement ont systématiquement rejeté les accusations de racisme et affirment que les défis pour les forces de l'ordre sont de plus en plus nombreux.

Un manque de moyens dans la police

"De nos jours, en 2023, on ne peut pas s'arrêter dans les quartiers et discuter, c'est trop compliqué, on se fait forcément attaquer," me fait remarquer Sébastien Gendraud, porte-parole du syndicat Unité SGP Police à Lyon. 

"On manque de moyens, (...) on est vraiment en manque d'effectif et on manque de formation continue," affirme-t-il. Concernant le tir, "quand on tire trois fois dans l'année sur des cibles en carton qui ne bougent pas, c'est difficile après de l'appliquer sur la voie publique," reconnaît-il.

La pauvreté comme "explication du comportement délinquant" selon Azouz Begag

Observateur de cette défiance à l'égard des forces de l'ordre, Azouz Begag, sociologue et ancien ministre français de l'Égalité des chances, rejette le lien entre ethnicité et criminalité que font certains Français au sujet des auteurs d'actes de délinquance.

"Dire que c'est l'origine ethnique qui explique le comportement délinquant, c'est incroyable, c'est du pur racisme !" dénonce Azouz Begag. "Certes, [ce jeune délinquant] est arabe ou noir, mais il est surtout pauvre !" fait-il remarquer.

Journaliste • Monica Pinna

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