PUBLICITÉ

Émeutes en France : une quatrième nuit sous haute tension après la mort du jeune Nahel

Des manifestants font face aux forces de l'ordre à Paris 30/06/23
Des manifestants font face aux forces de l'ordre à Paris 30/06/23 Tous droits réservés Lewis Joly/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Lewis Joly/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Par Euronews avec AFP
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

Les autorités françaises ont déployé d'importants moyens pour tenter d'enrayer les violences suite à la mort de Nahel, un adolescent tué par un tir de policier et dont les obsèques ont lieu ce samedi.

PUBLICITÉ

Un total de 45 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans la nuit de vendredi à samedi pour tenter d'enrayer les violences qui secouent la France depuis la mort mardi de Nahel, tué par un policier lors d'un contrôle routier, a annoncé le ministre de l'Intérieur.

Une quatrième nuit de violences

Effectifs renforcés, blindés légers et couvre-feux : les autorités ont encore renforcé leurs moyens pour tenter d'enrayer le cycle des violences, pillages et destructions qui agitent de nombreuses villes du pays depuis le décès mardi du jeune Nahel, tué par un policier lors d'un contrôle routier.

A l'issue d'un deuxième comité interministériel de crise en deux jours, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a annoncé la mobilisation "exceptionnelle" de 45 000 policiers et gendarmes pour éviter une quatrième nuit consécutive d'émeutes.

A ces effectifs, en légère hausse par rapport à la nuit précédente, s'ajoutent le déploiement de blindés de la gendarmerie et la poursuite du recours à des unités d'élite comme le RAID ou le GIGN.

Le gouvernement a aussi décidé l'annulation d'événements "de grande ampleur", notamment les concerts de Mylène Farmer au stade de France à Saint-Denis vendredi et samedi.

Les forces de l'ordre n'ont jusque-là pu mettre un terme aux violences qui agitent de nombreuses villes du pays depuis mardi. Malgré l'arrestation de près de 900 personnes dans la nuit de jeudi à vendredi, un total de 492 bâtiments ont été visés, 2 000 véhicules brûlés et des dizaines de magasins pillés, notamment en plein coeur de Paris.

Nouveaux incidents vendredi

Des incidents ont de nouveau éclaté vendredi après-midi. Dans le centre de Strasbourg, un magasin Apple Store a été vandalisé.

A Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, les vitres d'un fast-food ont été brisées et du mobilier renversé à la gare RER, selon une source policière. A Créteil, un autre centre commercial a été touché et 15 émeutiers ont été interpellés.

Les obsèques de l'adolescent sont prévues samedi, a indiqué vendredi Patrick Jarry, le maire de Nanterre, ville à l'ouest de Paris où vivait la victime.

Pour éviter une quatrième nuit consécutive de violences, Gérald Darmanin a demandé en outre aux préfets l'arrêt des bus et tramways dans toute la France après 21H00.

Après Clamart et Meudon, dans les Hauts-de-Seine notamment, d'autres communes instaurent des couvre-feux, comme Chalon-sur-Saône, Tourcoing ou Amiens.

Des manifestations"contre le racisme, les crimes et les violences policières" ont également été interdites vendredi soir à Paris, dans le centre de Marseille, Lyon, Bordeaux, Montpellier ou encore Toulouse.

Dans la capitale, les forces de l'ordre évacuaient en soirée une centaine de personnes réunies place de la Concorde.

A Marseille, une enquête pour tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique a été ouverte vendredi après l'agression de deux policiers en civil dans la nuit.

La réponse ferme du gouvernement

Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a réclamé une réponse pénale "rapide, ferme et systématique" à l'encontre des auteurs de violences urbaines mais aussi de leurs parents.

Pointant du doigt la jeunesse de nombreux émeutiers, Emmanuel Macron a appelé "tous les parents à la responsabilité", en critiquant l'"instrumentalisation" de la mort de Nahel et demandant aux réseaux sociaux le "retrait" de contenus et l'identification de leurs utilisateurs.

La question de l'état d'urgence est posée et scrutée à l'étranger, d'autant plus que la France accueille à l'automne la Coupe du monde de rugby, puis les Jeux olympiques à Paris à l'été 2024.

La Grande-Bretagne et d'autres pays européens ont mis en garde leurs ressortissants en les pressant d'éviter les zones d'émeutes.

PUBLICITÉ

Depuis la mort mardi de Nahel mardi, un adolescent déscolarisé devenu livreur, écoles et édifices publics ont été la cible de la colère de jeunes habitants de quartiers populaires et incendiés dans de multiples villes de France, rappelant les émeutes qui avaient secoué la France en 2005 après la mort de deux adolescents poursuivis par la police.

L'étincelle a été cette fois le drame survenu mardi à proximité de la station de RER Nanterre-Préfecture, non loin du centre des affaires de La Défense, lors d'un contrôle de police sur la voiture conduite par Nahel, un mineur connu pour des refus d'obtempérer.

Le parquet a considéré que "les conditions légales d'usage de l'arme" par le policier auteur du tir "ne sont pas réunies", avait déclaré jeudi le procureur de la République de Nanterre, Pascal Prache.

Ce policier de 38 ans a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire jeudi après-midi.

Une vidéo, authentifiée par l'AFP, a montré que l'agent positionné le long de sa voiture tenait Nahel en joue après une course-poursuite et a tiré à bout portant.

PUBLICITÉ

La porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme s'est dite préoccupée par les violences qui ont éclaté, tout en demandant à la France de se pencher "sérieusement" sur les "problèmes de racisme et de discrimination raciale au sein de ses forces de l'ordre".

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Banlieues françaises : pourquoi une telle colère ?

Enquête ouverte sur la cagnotte de soutien à la famille du policier qui a tué Nahel

Sécurité renforcée pour le 14-Juillet : vente et utilisation des mortiers d'artifice interdites