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En Pologne, la bunkérisation des frontières orientales fait fuir les touristes

La frontière polonaise avec le Bélarus se bunkérise
La frontière polonaise avec le Bélarus se bunkérise Tous droits réservés Michal Dyjuk/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
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Par Magdalena Chodownik (adapté de l'anglais)
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Face à la menace russe et bélarusse, la frontière polonaise devient chaque jour plus étanche. Restrictions de circulation et manoeuvres militaires font fuir les touristes, au grand dam des communautés locales.

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Autrefois associée à une nature exceptionnelle et à un tourisme idyllique, la Pologne orientale perd de son charme. Depuis le chantage aux migrants exercé par le Bélarus et surtout après l'invasion russe de l'Ukraine, la frontière orientale polonaise est en train de se bunkériser. La circulation y est désormais limitée et les manoeuvres militaires fréquentes.

C'est une question de sécurité nationale, rappelle pour euronews Adam Andruszkiewicz, vice-ministre de la numérisation de la région de Podlasie : _"_L'État polonais a décidé de construire une barrière le long de toute la frontière avec le Bélarus et cette barrière est constamment élargie et renforcée, ainsi notre frontière est scellée. Nous avons également une présence accrue de l'armée polonaise et des gardes-frontières, afin de manifester notre efficacité et notre préparation à une éventuelle défense, mais j'espère que cela ne se produira pas. Nous sommes membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. Nous avons également des troupes alliées sur le territoire du pays."

Mais cette sécurisation accrue des régions orientales impacte la vie locale et notamment le tourisme qui fait vivre de nombreuses communautés. 

Alors que la Pologne s'arme contre d'éventuelles provocations des mercenaires de Wagner stationnés au Bélarus, les touristes ont en effet changé leurs projets de vacances par précaution. Selon les estimations des habitants, le nombre de touristes a diminué de moitié récemment.

Beaucoup de locaux se disent fatigués de la présence de l'armée, du bruit des équipements militaires, des contrôles constants, mais ils ont peur d'en parler ouvertement devant la caméra, craignant des conséquences ou des commentaires désagréables des officiers qui stationnent dans la région.

Même ceux qui expriment des inquiétudes au sujet de la situation soulignent également que les prochaines élections et les médias sont responsables d'avoir alimenté la panique.

Michal Panfiluk, habitant de Bialowieza : "En ce moment, nous avons une prochaine campagne électorale. Et si on allume le message de TVP 1 [TV contrôlée par le gouvernement], on peut remarquer que la Podlasie est sécurisée [région à la frontière avec la Biélorussie], que beaucoup de policiers, des milliers de soldats sont là pour la sécuriser. Si nous allumons TVN24 [indépendante de la télévision gouvernementale] : les groupes de Wagner sont censés prendre d'assaut la frontière orientale. Il n'y a rien de tel ici."

"Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, explique notre correspondante Magdalena Chodownik_, "_la Pologne a augmenté ses dépenses de défense à 4% de son PIB, avec un potentiel d'atteindre 5% selon la déclaration des politiciens. Ainsi, la Pologne est devenue l'un des pays avec les plus grands investissements militaires de toute l'Otan".

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