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Des milliers de Haïtiens fuient la violence des gangs, l'ONU réclame une intervention

Des milliers de Haïtiens fuient la violence des gangs
Des milliers de Haïtiens fuient la violence des gangs Tous droits réservés Odelyn Joseph/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par euronews avec AFP
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Alors que de nombreux Haïtiens sont forcés de fuir en raison de l'extrême violence imposée par les gangs qui règnent en maîtres à Port-au-Prince, le patron de l'ONU plaide en faveur d'une rapide mobilisation d'une force internationale regroupant des forces de police et des militaires.

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A pied, à moto ou entassés dans des voitures, des milliers d'habitants chargés de sacs et de valises ont fui mardi un quartier de Port-au-Prince attaqué par les membres d'un gang.

"Nous vivons une situation extrêmement difficile. Je ne sais même pas où aller. J'ai dû fuir ma maison", a raconté Elie Derisca, résident du quartier de Carrefour-Feuilles, dans le sud de la capitale haïtienne.

Ce quartier, comme beaucoup d'autres en Haïti, subit régulièrement les assauts d'un gang dirigé par Renel Destina - également connu sous le nom de Ti Lapli et recherché par la police fédérale américaine (FBI) -, selon la police et les habitants.

"Ils ont pillé et incendié des maisons" et "fait plusieurs morts", a affirmé M. Derisca. _"Les autorités n'ont rien fait pour voler à notre secours."_Selon lui, des membres du gang ont pris possession de certaines habitations.

Les autorités haïtiennes ont confirmé lundi que des maisons avaient été incendiées. Elles ont également dit avoir reçu des signalements de décès, qui n'ont pas pu être vérifiés pour l'heure.

Au moins 3 120 personnes ont fui ce quartier, selon un bilan provisoire de la direction de la protection civile haïtienne. Ce chiffre pourrait continuer à grimper.

Mardi, la panique était visible dans les rues de Carrefour-Feuilles. Certains habitants portaient leur valise sur la tête, d'autres avaient empilé trois matelas et un meuble en bois sur le toit de leur voiture.

La veille, de nombreux habitants du quartier avaient manifesté contre l'insécurité et la police nationale haïtienne était intervenue pour rétablir l'ordre dans la zone.

"La police nationale continuera à déployer tous ses moyens pour mettre hors d'état de nuire les bandits qui veulent semer le trouble dans les communautés" avait-elle assuré dans un communiqué, sans toutefois parvenir à rassurer les résidents qui continuent à fuir.

Le chef de l'ONU veut une force internationale de policiers et de militaires

Le chef de l'ONU a réclamé le déploiement "urgent" en Haïti d'une force multinationale de "police" et de "militaires" pour lutter contre les gangs armés dans ce pays des Caraïbes, selon un courrier d'Antonio Guterres au Conseil de sécurité dévoilé mercredi.

"Je continue d'appeler les Etats membres à déployer une force multinationale qui ne soit pas des Nations unies, composée de forces spéciales de police avec l'appui d'unités militaires, fournies par un ou plusieurs pays, qui puissent coopérer le gouvernement de Haïti, avec la bienveillance du Conseil de sécurité", écrit M. Guterres dans une lettre de 12 pages datée de lundi, consultée par l'AFP, sans avoir été rendue publique.

Tenter de "régler la situation sécuritaire en Haïti demande de prendre un ensemble de mesures coercitives pour faire appliquer la loi, dont le recours effectif à la force dans des opérations de police ciblées contre des gangs lourdement armés", fait valoir le secrétaire général de l'ONU.

M. Guterres et le Premier ministre haïtien Ariel Henry appellent depuis des mois à une intervention internationale pour soutenir la police locale. 

Haïti est englué depuis des années dans une profonde crise économique, sécuritaire, et politique, qui a renforcé l'emprise des gangs. Ces bandes armées contrôlent environ 80% de la capitale haïtienne et les crimes violents sont fréquents.

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