Haïti : divisions à l'ONU face à l'envoi d'une force internationale

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Par Anne Devineaux  & euronews  avec AFP, AP
Des manifestants portent un faux cercueil à l'effigie du Premier ministre lors d'une manifestation à Port-au-Prince, Haïti, lundi 17 octobre 2022
Des manifestants portent un faux cercueil à l'effigie du Premier ministre lors d'une manifestation à Port-au-Prince, Haïti, lundi 17 octobre 2022   -   Tous droits réservés  Odelyn Joseph/Copyright 2021 The AP. All rights reserved

La perspective d'une intervention étrangère, et notamment américaine n'est pas du goût de tous en Haïti. Ces manifestations ont suivi un débat qui s'est tenu ce lundi au Conseil de sécurité de l'ONU sur le possible envoi d'une force internationale pour sortir le pays du chaos.

Les Etats-Unis travaillent notamment sur une résolution qui autoriserait une "mission non onusienne d'assistance pour la sécurité et pour permettre de délivrer l'aide humanitaire".

L'idée est soutenue par de nombreux membres du Conseil, mais plusieurs ont émis des réserves, dont la Russie et la Chine. "Alors que le gouvernement manque de légitimité et est incapable de gouverner, l'envoi d'une telle force d'action rapide aura-t-il le soutien des différentes parties en Haïti ou fera-t-il face à de la résistance voire provoquera-t-il des confrontations violentes avec la population?", a lancé le représentant chinois Geng Shuang, appelant à la "prudence".

Le chef de l'ONU a rappelé l'urgence d'une situation qualifiée de "dramatique". "Le port est bloqué par les gangs qui ne laissent pas sortir le carburant et d'autres biens nécessaires au pays. a cause de cela, il n'y a pas de carburant. Sans carburant, il n'y a pas d'eau. Et il y a le choléra, dont le traitement nécessite une bonne hydratation", a déclaré Antonio Guterres.

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Un manifestant avec les couleurs du drapeau russe peintes sur lui lors d'une manifestation pour rejeter une force militaire internationale, Port-au-prince, 17/10/2022Odelyn Joseph/Copyright 2021 The AP. All rights reserved

Haïti est le théâtre de manifestations violentes et de pillages depuis plusieurs semaines, après que le Premier ministre a annoncé une hausse des prix du carburant. La semaine dernière, c'est le gouvernement, qui a lui-même appelé à l'aide la communauté internationale face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire.

Dans la rue, on appelle à la démission du Premier ministre Ariel Henry. "Ce système doit être dissous. Ce pays est littéralement contrôlé économiquement par cinq familles. Nous, le peuple, n'avons presque rien. Il n'y a plus de classe moyenne. Il n'y a que deux classes : la bourgeoisie et le peuple", explique ce manifestant.

Pour l'heure, aucune date n'a été donnée concernant l'envoi d'une force internationale. Les Etats-Unis et le Canada ont annoncé avoir livré ce week-end de l'"équipement" de maintien de l'ordre pour la police d'Haïti.