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Migrants à Lampedusa : Ursula von der Leyen présente un plan d'urgence pour aider l'Italie

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne Tous droits réservés Jean-Francois Badias/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews
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Aider les transferts de migrants y compris vers d'autres pays européens, augmenter les retours: Ursula von der Leyen a présenté dimanche sur la petite île italienne de Lampedusa un plan en 10 points pour aider Rome face aux arrivées massives de migrants.

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Après avoir visité, avec la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, le centre d'accueil pour migrants de la petite île, Mme von der Leyen a détaillé un plan d'aide en 10 points, destiné à gérer la situation présente, à mieux répartir les demandeurs entre les pays européens et à prévenir la répétition d'épisodes d'arrivées massives qui mettent sous forte tension les capacités logistiques et administratives de la péninsule.

Il est censé conjuguer fermeté à l'encontre des passeurs et facilitation des voies légales d'entrée dans l'espace européen pour les candidats éligibles à l'asile.

Bruxelles entend d'abord renforcer l'assistance à l'Italie de l'Agence de l'Union européenne pour l'asile et l'agence de garde-côtes et de garde-frontières de l'UE, Frontex, afin d'assurer l'enregistrement des migrants, la prise d'empreintes, les entretiens, etc.

Frontex, et d'autres agences, devront aussi intensifier la surveillance des mers et "étudier les options pour étendre ses missions navales en Méditerranée".

La commission veut faciliter le transfert des personnes arrivées à Lampedusa - qui sont généralement conduites par bateaux en Sicile ou sur le continent - y compris vers d'autres pays européens.

"L'immigration irrégulière est un défi européen qui a besoin d'une réponse européenne", a insisté Mme von der Leyen lors d'un point presse à Lampedusa. "Nous exhortons les autres Etats membres à utiliser le mécanisme de solidarité volontaire", a-t-elle dit, sans mentionner l'Allemagne qui a récemment décidé de ne plus recevoir de migrants arrivés en Italie.

Le plan prévoit également d'améliorer le dialogue avec les principaux pays d'émigration sur cette route en vue de la réadmission de leurs citoyens qui ne rempliraient pas les conditions d'asile, en particulier la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso.

Accords également avec les pays d'origine et de transit pour freiner le nombre de départs, notamment la Tunisie d'où s'embarquent l'immense majorité des personnes arrivées à Lampedusa.

L'UE a signé en juillet un partenariat avec la Tunisie destiné à faire baisser les arrivées de migrants sur les côtes italiennes en échange d'une aide financière.

Mme von der Leyen a estimé dimanche que l'UE devait accélérer le versement de cette aide à Tunis et Mme Meloni a évoqué l'hypothèse d'une aide européenne pour aider le pays à boucler son budget alors même que le Fonds monétaire international conditionne l'octroi d'un crédit de 1,9 milliard de dollars à l'adoption de réformes que rejette le président Kais Saied.

Enfin la commission souhaite "accroître les campagnes de sensibilisation et de communication pour dissuader les traversées de la Méditerranée" tout en "continuant à travailler pour offrir des alternatives comme l'admission humanitaire et les voies légales" d'immigration.

Intense activité diplomatique

Entre lundi et mercredi, environ 8 500 personnes, soit plus que l'ensemble de la population de Lampedusa, sont arrivées à bord de 199 bateaux, selon les chiffres de l'agence des Nations unies pour les migrations.

Cette crise migratoire fait depuis trois jours l'objet d'une intense activité diplomatique. Une conférence téléphonique a réuni samedi les ministres de l'Intérieur français, italien et allemand, un représentant de la présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne et Mme Johansson.

La conférence a été proposée par le ministre français Gérald Darmanin, qui s'était déjà entretenu vendredi matin avec ses homologues italien, Matteo Piantedosi, et allemande, Nancy Faeser.

M. Darmanin va se rendre en Italie "dans les prochains jours", ont convenu samedi Mme Meloni et le président Emmanuel Macron, promettant de "renforcer la coopération au niveau européen (...) pour trouver des solutions efficaces, immédiates et de plus long terme à cette crise", selon Paris.

Située à moins de 150 km du littoral tunisien, Lampedusa est l'un des premiers points d'escale pour les migrants qui franchissent la Méditerranée en espérant gagner l'Europe. Chaque année pendant l'été, ils sont des dizaines de milliers à prendre la mer sur des embarcations de fortune.

"La pression migratoire que l'Italie est en train de subir depuis le début de l'année est insoutenable", avait jugé vendredi Mme Meloni, qui est à la tête d'une coalition de droite et d'extrême droite.

Elle a estimé que "des dizaines de millions de personnes" en Afrique pourraient vouloir quitter leurs pays en raison des coups d'Etat ou de la famine, jugeant "évident que l'Italie et l'Europe ne peuvent pas accueillir cette masse énorme" de migrants.

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Un total de plus de 127.000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes depuis le début de l'année, près du double par rapport à la même période en 2022.

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