Après des pluies battantes, le Pas-de-Calais n'en finit plus de prendre l'eau

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Par Euronews avec AFP
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Ballotté depuis mardi entre les pluies torrentielles et le va-et-vient des inondations, qui ont engendré des milliers de sinistrés, le Pas-de-Calais devrait enfin connaître samedi une journée sans pluie, mais les crues persistantes appellent toujours à la prudence.

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Placé depuis jeudi en vigilance rouge par Météo-France pour les pluies et les inondations, le département est repassé en jaune vendredi à 19H00, à la faveur d'une "nette accalmie", qui offre un peu de répit à des habitants épuisés, déjà affectés par la tempête Ciaran le 2 novembre, puis des crues records mardi.

La prudence reste cependant de mise: les intenses précipitations des derniers jours ont gonflé l'Aa, la Liane et la Canche, trois rivières maintenues en vigilance rouge aux crues par Vigicrues.

Les décrues dans le Nord et le Pas-de-Calais "se sont amorcées sur les secteurs amont et se propagent vers les secteurs aval", générant "des débordements très dommageables", souligne l'organisme de surveillance dans son bulletin samedi matin. Un pic de crue est attendu pour l'Aa sur le secteur de Saint-Omer dans l'après-midi.

Un total de "247 communes sont toujours concernées par les inondations", parfois dans des conditions dramatiques, en particulier autour de Saint-Omer, Boulogne, et Montreuil, a souligné la préfecture du Pas-de-Calais dans son bulletin de 21H30.

Quatre blessés légers

L'eau a envahi des étables, pris au piège des véhicules, et obligé nombre d'habitants à quitter leurs domiciles vendredi, y compris les 19 résidents d'une maison de retraite à Nielles-lès-Bléquin, évacués par précaution.

"On en est à 10.000 sinistrés, et dans certaines maisons, l'eau stagne depuis 10 jours, imprégnant les murs", a indiqué à l'AFP le sénateur et vice-président du conseil régional, Franck Dhersin.

L'accalmie devrait perdurer dimanche, mais le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a déjà fait part de ses "inquiétudes" sur un nouvel épisode pluvieux en début de semaine prochaine.

"La population est fatiguée, elle n'en peut plus, elle se demande quand ça va s'arrêter et nous aussi", soupire Bruno Debove, conseiller municipal d'Hesdigneul-lès-Boulogne, commune qui s'est retrouvée à plusieurs reprises isolée par les eaux et où 15 personnes ont encore dû être évacuées par hélicoptère vendredi.

Les yeux rougis par la fatigue, il s'inquiète pour "les gens qui sont sinistrés, la crise et l'après-crise, qui va être très compliquée".

Le bilan est de quatre blessés légers depuis lundi dans la zone, où près de 350 pompiers se relaient pour assurer une permanence. Ils ont effectué 1.531 interventions depuis le 2 novembre.

Cinq pompes de très grande capacité, capables de vider chacune une piscine olympique en 15 minutes, ont été déployées pour tenter de limiter les crues.

"Oui, c'est exceptionnel"

A Hesdigneul-lès-Boulogne, des habitants ont circulé vendredi en pantalon-bottes de pêcheurs, dans l'eau brunâtre jusqu'au genou. "Ça fait une semaine qu'on est comme ça et je n'en peux plus", a raconté Corentin Thelier, 27 ans, qui a renoncé à installer des sacs de sable devant sa maison.

"Oui, c’est exceptionnel", a insisté Bernard Brécqueville, un habitant. "Depuis 52 ans que je suis ici, ça n’a jamais monté aussi haut."

Le trafic ferroviaire est interrompu sur deux tronçons (Boulogne-Etaples et Saint-Pol-Etaples) jusqu'à mardi "dans la matinée", a indiqué la SNCF sur X (ex-Twitter). Près d'une centaine d'axes routiers étaient par ailleurs coupés vendredi soir, selon la préfecture.

La protection civile du Pas-de-Calais a lancé un appel aux dons et mis en place un numéro (03 74 20 03 07) "pour mettre en lien" les sinistrés ayant besoin d'aide pour le déblayage de leur maison avec ceux prêts à les aider.

Plus de 50 communes ont déposé un dossier pour être reconnues en catastrophe naturelle, une décision attendue mardi.

S'ils constituent des phénomènes naturels, les inondations, cyclones et sécheresses peuvent être amplifiés par le réchauffement climatique généré par les activités humaines.

Les inondations sont des catastrophes particulièrement coûteuses: entre 1970 et 2019, elles ont représenté 44% de toutes les catastrophes et 31% des pertes économiques.

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