Pologne: le nouveau gouvernement licencie l'équipe dirigeante des médias publics

Interview du Premier ministre polonais Donald Tusk le 13 décembre 2023
Interview du Premier ministre polonais Donald Tusk le 13 décembre 2023 Tous droits réservés Virginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Magdalena Chodownik
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Le gouvernement polonais a licencié l'équipe dirigeante des médias d'Etat, largement considérés comme un relais de l'ancien gouvernement nationaliste populiste.

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Le gouvernement polonais a licencié l'équipe dirigeante des médias d'Etat, largement considérés comme un relais de l'ancien gouvernement nationaliste populiste, huit jours après la prise du pouvoir par une coalition proeuropéenne conduite par le Premier ministre Donald Tusk.

Le président et les membres du Conseil d'administration de la télévision, radio et agences publiques "ont été limogés", a annoncé mercredi le ministère de la Culture dans un communiqué.

Les médias publics contrôlés pendant huit ans par le parti populiste nationalistes Droit et Justice (PiS) ont été régulièrement accusés de présenter des informations biaisées, de transmettre la propagande du gouvernement et de lancer des attaques verbales contre l'opposition.

Mercredi, le président Andrzej Duda a donné son avis sur X: "En ce qui concerne les actions du ministère de la Culture aujourd'hui portant sur les médias publics, j'appelle le Premier ministre Donald Tusk et le cabinet à respecter l'ordre juridique polonais".

Il a joint une lettre adressée à Donald Tusk dans laquelle il affirme notamment qu'"une résolution parlementaire n'a pas force de loi".

M. Tusk a immédiatement répondu sur X: "Comme je vous en ai déjà informé, les actions d'aujourd'hui visent - conformément à votre intention - à restaurer l'ordre juridique et la décence commune dans la vie publique".

"Vous pouvez compter sur notre détermination de fer dans ce dossier", a-t-il ajouté.

Peu après l'annonce faite mercredi, la diffusion régulière de la chaîne généraliste publique TVP a été suspendue, seul le logo de la télévision étant visible sur les écrans. Le site internet de la chaîne d'information TVP Info a également été suspendu.

La veille, la nouvelle coalition au pouvoir avait fait adopter par le Parlement une résolution appelant à la "restauration de l'ordre légal, l'impartialité et la crédibilité des médias publics".

Les nationalistes populistes polonais ont occupé dans la nuit de mardi à mercredi des locaux de la télévision publique pour défendre le "pluralisme des médias".

"Occuper"

À la suite des changements dans la gestion des médias publics, le président du PiS, Jaroslaw Kaczynski, généralement considéré comme le dirigeant de facto de la Pologne pendant les huit dernières années, a été vu entrant dans les bâtiments de la télévision publique.

"Il n'y a pas de démocratie sans pluralisme des médias ou sans médias anti-gouvernementaux forts, et en Pologne, ce sont les médias publics", a déclaré dans la nuit Jaroslaw Kaczynski.

Le PiS a annoncé que ses membres allaient continuer à occuper les locaux de la télévision par rotations.

L'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, également présent dans le même bâtiment, a dénoncé une "intrusion forcée" de la nouvelle direction à la télévision publique.

"Ce que nous voyons est le premier pas vers une dictature", a déclaré M. Morawiecki aux journalistes.

Des manifestations de défense des médias publics ont été annoncées pour la soirée à Varsovie.

Mercredi, un journaliste de l'AFP a également vu la police entrer au siège de la télévision.

L'ancien ministre nationaliste populiste de la Culture, Piotr Glinski, a considéré les démarches du nouveau gouvernement comme "illégales".

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"C'est bien évidemment une attaque contre les médias libres, c'est une violation de la loi", a déclaré M. Glinski à l'AFP.

Le PiS a perdu le pouvoir à l'issue des élections législatives d'octobre.

Le gouvernement PiS a été accusé à plusieurs reprises par ses opposants politiques et des organisations non gouvernementales de restreindre la liberté des médias tout en dirigeant des financements importants vers les médias d'État.

Dans son rapport de 2020, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a souligné que "le discours partisan et l'incitation à la haine sont toujours la règle dans les médias publics (polonais), qui ont été transformés en porte-voix de la propagande gouvernementale".

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