Quintuple homicide en Seine-et-Marne: interpellation du père de famille recherché

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Par Somaya Aqad, AFP
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Un père de famille de 33 ans, suspecté d'avoir tué lundi soir sa femme et leurs quatre enfants à leur domicile de Meaux en Seine-et-Marne, a été interpellé ce mardi à Sevran (Seine-Saint-Denis). Il souffre de troubles psychiatriques, selon le procureur de la République de Meaux.

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Ce lundi 25 décembre, aux alentours de 21H00, les forces de l'ordre sont intervenues au domicile de cette famille, au rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation, alertées par des proches des victimes, a relaté mardi le procureur, Jean-Baptiste Bladier, devant la presse au tribunal judiciaire.

Ce quintuple homicide, le jour de Noël, s'inscrit dans une série d'infanticides commis par des pères, depuis octobre, en région parisienne.

Des traces de sang étaient visibles sur le palier. À l'intérieur, sur la "scène de crime, d'une très grande violence", cinq cadavres étaient découverts: ceux de la mère âgée de 35 ans et des quatre jeunes enfants, une fillette de 10 ans, une seconde de sept ans, un garçon de quatre ans et un nourrisson de neuf mois, a expliqué M. Bladier.

"La maman et les deux fillettes avaient été victimes d'un très grand nombre de coups de couteaux" impossible à compter, a-t-il précisé. Aucune trace apparente de plaie n'a été retrouvée sur les garçons, pour lesquels l'hypothèse de l'étouffement ou de la noyade est envisagée. Les autopsies auront lieu mercredi à Paris.

D'après une source policière, confirmée par le procureur, un important travail d'analyse des images de vidéosurveillance a permis de remonter au suspect.

Interpellé à Sevran (Seine-Saint-Denis) chez son père, le mis en cause, de nationalité française, a indiqué "savoir pourquoi il était en garde à vue, a évoqué son mal-être personnel et sa dépression", d'après le procureur.

Depuis 2017, il est suivi pour troubles dépressifs et psychotiques. Des ordonnances prescrivant des tranquillisants ont été retrouvées au domicile.

Il est hospitalisé, sous le régime de la garde à vue, pour des blessures importantes à la main.

A l'issue de sa garde à vue, une information judiciaire sera ouverte pour "homicides volontaires sur mineurs de 15 ans" et "homicide volontaire par conjoint".

L'homme connu pour un coup de couteau porté à sa femme

Les prémisses de l'enquête ont fait remonter des faits de violences antérieurs chez ce couple formé il y a 14 ans et marié en octobre 2023. Le casier judiciaire de l'homme est "dépourvu de tout antécédent", a souligné le procureur.

En novembre 2019, le père avait porté un coup de couteau à son épouse à l'omoplate, alors qu'elle était à un mois et demi de son accouchement. La victime, née en Haïti, avait refusé de porter plainte et n'avait pas souhaité l'assistance d'une association d'aide aux victimes de violences.

Une enquête avait été ouverte et le conjoint placé en garde à vue avant d'être hospitalisé en psychiatrie. Il avait affirmé n'avoir pas voulu faire de mal à son épouse qu'il aimait: le "coup de couteau est parti tout seul", avait-il déclaré, a rapporté le procureur.

La procédure avait été classée sans suite au motif d'état mental déficient, a précisé M. Bladier. Une expertise avait attesté de l'existence de l'abolition du discernement chez l'homme, suivi depuis 2017 pour troubles dépressifs et psychotiques.

Une série d'infanticides

Sur les lieux du drame (une résidence accessible aux véhicules seulement après passage d'une barrière automatique) quelques policiers étaient présents mardi devant l'appartement familial, délimité par un ruban de signalisation.

Quelques voisins, l'air sidéré, étaient réunis, a constaté une journaliste de l'AFP.

La mère de famille était "une très bonne personne, connue de tous, très joviale. Elle vivait pour sa famille. Monsieur ne travaillait pas, c'est elle qui faisait vivre la famille", a assuré à la presse Nadine Coulibaly, se présentant comme l'amie et la voisine ayant alerté les forces de l'ordre.

"Je n'arrive pas à expliquer son geste. C'est quelqu'un dans sa bulle, il ne parlait à personne", a répété cette voisine, qui était informée des troubles psychiatriques du conjoint.

D'après elle, le couple n'était pas en train de se séparer, un élément parfois déclencheur d'un passage à l'acte.

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En moyenne, un féminicide survient tous les trois jours en France: 118 femmes ont été tuées l'an dernier par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

Et l'actualité récente a été marquée par deux triples infanticides perpétrés par des pères en Ile-de-France.

Fin novembre, un homme déjà condamné pour des violences familiales s'était rendu dans un commissariat pour avouer le meurtre de ses trois filles âgée de quatre à 11 ans à Alfortville (Val-de-Marne). Auparavant, en octobre, un gendarme avait tué ses trois filles avant de se donner la mort à Vémars (Val-d'Oise).

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