Lors d'une audience historique, Nicolás Maduro a plaidé non coupable aux quatre chefs d'accusation retenus contre lui, affirmant être "toujours président" du Venezuela. Il comparaîtra à nouveau le 17 mars.
Nicolás Maduro a comparu lundi devant un tribunal de Manhattan, où il a plaidé non coupable aux accusations de trafic de drogue, se qualifiant lui-même de "prisonnier de guerre".
Cette audience intervient quelques jours seulement après son arrestation à Caracas lors d'une opération militaire américaine surprise.
"Je suis innocent. Je ne suis coupable d'aucun des faits mentionnés ici", a-t-il déclaré devant le juge Alvin Hellerstein.
"Je suis un homme honnête, le président de mon pays."
Maduro est apparu aux côtés de son épouse, Cilia Flores, qui a également plaidé non coupable à des accusations similaires, affirmant devant la cour être "totalement innocente".
Selon les documents judiciaires, Nicolás Maduro a fait appel à l'avocat Barry Joel Pollack, surtout connu pour avoir représenté le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.
Cette audience marque le début d’une longue bataille juridique destinée à déterminer si le leader chaviste déchu peut être jugé aux États-Unis.
Maduro comparaîtra à nouveau le 17 mars. Lui et son épouse restent détenus au Metropolitan Detention Center (MDC), qui a déjà accueilli des prisonniers célèbres tels que Luigi Mangione et Sean "Diddy" Combs. C'est également dans cet établissement que Jeffrey Epstein s'était suicidé en 2019.
Accusations de narcoterrorisme
Le dirigeant vénézuélien est sous le coup de quatre chefs d'accusation de trafic de drogue et de détention d’armes automatiques. L'acte d'accusation inclut également la femme de Maduro, Cilia Flores, son fils et plusieurs hauts fonctionnaires.
Un acte d'accusation de 25 pages rendu public samedi accuse Maduro et d'autres personnes d'avoir collaboré avec des cartels de la drogue pour faciliter l'acheminement de milliers de tonnes de cocaïne vers les États-Unis. Ils risquent la prison à vie s'ils sont reconnus coupables.
Le jour de sa capture, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait déclaré sur X que Nicolás Maduro n'était "pas le président du Venezuela" et qu'il dirigeait "le cartel de Los Soles, un organisation narcoterroriste qui a pris le contrôle d'un pays".
En tant qu'accusé dans le système judiciaire américain, Nicolás Maduro bénéficiera des mêmes droits que toute autre personne accusée d'un délit, notamment le droit d'être jugé par un jury composé de citoyens new-yorkais.
Les avocats du dirigeant vénézuélien vont probablement contester la légalité de sa détention, en faisant valoir qu'il bénéficie d'une immunité de poursuites en tant que chef d'État souverain.