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La police espagnole démantèle un réseau de trafiquants de drogue opérant dans l’Atlantique

Hélicoptères Airbus H135 de la police nationale espagnole
Hélicoptères Airbus H135 de la police nationale espagnole Tous droits réservés  Policía Nacional de España
Tous droits réservés Policía Nacional de España
Par Escarlata Sánchez
Publié le Mis à jour
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L'opération qui s'est déroulée en deux phases, a permis l'arrestation de 105 personnes qui constituaient une organisation criminelle opérant de l'Amérique du Sud vers l'Europe et qui seraient responsables de l'introduction de quelque 57 tonnes de cocaïne au cours de l'année écoulée.

En Espagne, la police nationale a démantelé le plus grand réseau d'organisations de trafic de cocaïne opérant dans l'Atlantique et les rivières espagnoles à l'aide de "narco-boats."

Selon un communiqué de presse de la police nationale, l'opération a permis d'effectuer 49 perquisitions et d'arrêter 105 personnes qui formaient un réseau criminel dans une opération qui a compté sur la collaboration d'Europol et des autorités de pays tels que la France, le Portugal, la Colombie et le Cap-Vert.

La police a saisi plus de 10 tonnes de cocaïne, 70 véhicules, 30 bateaux, six propriétés, trois armes à feu, plus de 800 000 euros, deux hexacoptères (drones à six bras), de multiples comptes bancaires, plus de 150 téléphones portables, divers équipements nautiques et de nombreux appareils électroniques de pointe pour le trafic maritime d'une valeur de 2 500 000 euros.

Ils opéraient de nuit

Après plus d'un an d'enquête, l'opération menée en novembre dernier a permis de démanteler un réseau criminel qui se serait spécialisé dans l'introduction de grandes quantités de cocaïne sur le territoire espagnol au moyen de bateaux à grande vitesse.

Ces derniers partaient du fleuve Guadalquivir et d'autres rivières appartenant aux provinces de Cadix, Huelva, Almería, aux îles Canaries, à la côte marocaine et au Portugal jusqu'à ce qu'ils atteignent l'océan Atlantique. Là, ils rencontrent des bateaux-mères afin de transférer les drogues vers les îles Canaries et le sud de la péninsule.

La vitesse élevée des navires, parfois supérieure à 40 nœuds, (75 km/h) et l'utilisation de communications cryptées, de terminaux satellitaires, de téléphones portables difficiles à localiser ou d'un langage codé pour éviter d'être détectés par les forces de sécurité, leur permettaient d'opérer de nuit, rendant ainsi le travail de la police plus difficile.

Matériel technologique de pointe

Au cours de l'opération, de nombreux matériels technologiques de pointe ont été saisis, tels que des brouilleurs haute fréquence, des amplificateurs WIFI utilisés pour étendre le signal en haute mer, des connexions satellites, plus de 150 téléphones portables, dont beaucoup étaient cryptés, et du matériel nautique.

Parmi toutes les perquisitions, le plus grand centre de distribution et de blanchiment d'argent de la région de Campo de Gibraltar a été ciblé. Il était chargé de fournir des terminaux de communication sécurisés à la plupart des trafiquants de drogue d'Andalousie, ainsi que divers équipements de navigation pour les traversées des trafiquants de drogue à bord des bateaux.

Plus d'un mois en mer

Les narcotrafiquants allaient même jusqu'à créer de véritables plates-formes nautiques où les pilotes restaient à bord pendant plus d'un mois en mer, effectuant plusieurs opérations successives. Ils organisaient l'heure exacte des changements d'équipage en mer, fournissaient à ces plates-formes les biens et services dont elles avaient besoin.

Ils disposaient de leurs propres installations de stockage de carburant, avec plus de 100 000 litres de carburant sur place. Des bateaux plus petits étaient chargés de fournir de l'essence, de la nourriture, du matériel de communication et des vêtements pour les complices qui accompagnaient les drogues depuis le navire-mère jusqu'à l'Espagne.

D'autres membres de l'organisation situés aux points de contrôle effectuaient un travail de surveillance pour déterminer la position des moyens maritimes et aériens des forces et corps de sécurité de l'État, couvrant un vaste réseau de points de sécurité le long de la côte.

Un silence de 12 millions d'euros

Les agents ont appris que l'organisation avait versé 12 millions d'euros à la famille d'un des membres de l'équipage décédé lors de la livraison d'une cargaison afin de garantir son silence et éviter ainsi tout lien avec des activités criminelles.

Grâce à la collaboration d'agences telles que la National Crime Agency (NCA), la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine, la Direction générale de la sûreté nationale marocaine (DGSN), Europol, le Centre d'analyse et d'opérations maritimes pour le trafic de drogue (MAOC-N) et les autorités françaises, portugaises, colombiennes et cap-verdiennes, l'enquête a pu être menée à bien. En outre, un soutien direct a été apporté par le Centre national de renseignement (CNI).

Cette opération s'est déroulée en deux phases, la première ayant abouti en juin de l'année dernière et la seconde en novembre de l'année dernière, ce qui a permis de démanteler ce réseau criminel opérant dans le Campo de Gibraltar. Les enquêtes ont permis de découvrir que cette organisation criminelle était responsable de l'introduction en Europe de 57 tonnes de cocaïne au cours de l'année écoulée.

Opération cofinancée par des fonds européens du "Fonds de sécurité intérieure"

Les agents de la police nationale, avec la collaboration d'Europol et d'autres autorités policières de différents pays, ont mené à bien cette opération avec l'aide d'instruments de financement de l'Union européenne.

Cette stratégie s'articule autour de quatre points essentiels : créer un environnement de sécurité à l'épreuve du temps, lutter contre les menaces émergentes, protéger les citoyens européens du terrorisme et de la criminalité organisée, et construire un écosystème de sécurité européen solide.

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