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Mauvais baisers de Russie : pourquoi les étrangers quittent-ils la Russie ?

Un militaire de la Garde nationale russe vérifie les documents de résidence lors d'un raid près du marché Apraksin Dvor à Saint-Pétersbourg, Russie, le 4 juillet 2025.
Un militaire de la Garde nationale russe vérifie les documents de résidence lors d'un raid près du marché Apraksin Dvor à Saint-Pétersbourg, Russie, le 4 juillet 2025. Tous droits réservés  AP Photo
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Par euronews en russe
Publié le
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Le nombre de migrants en Russie a diminué de 10 % par rapport à 2025. Récemment, il est devenu beaucoup plus difficile pour les étrangers d'entrer légalement dans le pays, y compris pour inscrire leurs enfants dans les écoles. Comment l'exode de la main-d'œuvre affecte-t-il l'économie ?

Le nombre de migrants en Russie a diminué de 10 % en un an. Au début de l'année 2026, Moscou décomptait 5,7 millions d'étrangers dans le pays, alors qu'au début de l'année dernière, ils étaient environ 6,3 millions.

Un tel constat a été dressé par Alexandre Perejoguine, chef du département analytique du service des migrations du ministère russe de l'Intérieur, lors de la conférence "La nouvelle politique migratoire de la Russie" organisée à l'École supérieure d'administration publique de l'Académie présidentielle.

L'une des principales raisons de la diminution du nombre de migrants en Russie est le durcissement des lois sur l'immigration et des conditions - également, de plus en plus draconiennes - d'inscription des enfants étrangers dans les établissements scolaires.

Comme le rappelle Meduza, les autorités russes ont commencé à durcir leurs politiques migratoires après l'attentat terroriste perpétré à l'hôtel de ville de Crocus, près de Moscou, en mars 2024.

Le durcissement général des lois sur l'immigration est cité comme une des causes majeures de cette baisse du nombre d'étrangers en Russie. Les migrants en infraction sont désormais inscrits sur un "registre des personnes contrôlées". Les étrangers figurant sur cette liste se voient notamment interdire de se marier, ce qui pourrait leur permettre ultérieurement de régulariser leur situation en Fédération de Russie, d'ouvrir des comptes bancaires et d'inscrire leurs enfants à l'école.

Par ailleurs, en 2025, les règles régissant le séjour sans visa en Russie pour les étrangers ont été modifiées. Désormais, leur séjour ne peut excéder 90 jours par année civile. Auparavant, la règle des 90/180 (soit environ trois mois sur une période de six mois) était en vigueur, rappellent les Vedomosti.

Pression sur la vie familiale

En outre, depuis l'année dernière, la légalisation des étrangers "par mariage" en Russie a été renforcée. Désormais, ils ne pourront obtenir un permis de séjour temporaire qu'après deux ans de vie commune avec un citoyen russe.

La situation concernant l'admission des enfants de migrants dans les établissements d'enseignement n'est pas moins importante à cet égard.

En 2025, la Russie a interdit l'inscription dans les écoles et collèges des mineurs étrangers qui n'ont pas passé un test de langue russe. Dans le même temps, les parents dont les enfants ne suivent pas l'enseignement général obligatoire sont menacés de se voir retirer l'autorisation de séjourner dans le pays.

En outre, depuis le 28 janvier, une nouvelle législation oblige le ministère de l'Intérieur et les autorités éducatives à échanger rapidement des informations sur les enfants migrants.

Notamment, les départements locaux de l'éducation transmettent au ministère de l'Intérieur des informations sur les résultats des tests de connaissance de la langue russe passés par les mineurs et sur leur admission ou leur expulsion des établissements d'enseignement. En réponse, le ministère devra indiquer s'il existe des informations sur les antécédents migratoires de ces enfants afin qu'ils puissent être admis dans les écoles et les collèges.

Le résultat des interdictions introduites est chiffré. Selon le ministère de l'Intérieur, en 2026, le nombre d'enfants migrants dans la Fédération de Russie a diminué de 25 % par rapport aux chiffres de l'année dernière.

Conséquences sur le marché de travail

Dans le même temps, les régions ont déjà commencé à percevoir les conséquences négatives de la baisse du nombre de migrants, confrontées à une pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs tels que la construction, les taxis, les livraisons et la restauration.

Selon Victoria Ledeneva, de l'Institut d'études démographiques du Centre sociologique de l'Académie des sciences de Russie, l'exode des migrants a ralenti de nombreux projets, mais les salaires ont augmenté. "En conséquence, les coûts de production ont également augmenté", explique l'expert en prenant l'exemple de la région de Krasnoïarsk.

À Saint-Pétersbourg, selon Ledeneva, l'introduction de restrictions a entraîné une augmentation des prix des services tels que les taxis, le logement, les services publics et les livraisons. En outre, d'une part, l'introduction de restrictions régionales libère des postes vacants et, d'autre part, la main-d'œuvre immigrée illégale augmente.

Sources additionnelles • Meduza, Vedomosti, adaptation : Serge Duchêne

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