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Préméditation, "trop de haine"... Ce que l'on sait de l'élève ayant poignardé sa professeur

Un policier lors de la visite du président français Emmanuel Macron axée sur la sécurité et la lutte contre le trafic de drogue, mardi 19 mars 2024, à Marseille.
Un policier lors de la visite du président français Emmanuel Macron axée sur la sécurité et la lutte contre le trafic de drogue, mardi 19 mars 2024, à Marseille. Tous droits réservés  AP Photo/Christophe Ena, Pool
Tous droits réservés AP Photo/Christophe Ena, Pool
Par Nathan Joubioux
Publié le Mis à jour
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Lors de sa première audition, l'adolescent de 14 ans a rapidement admis avoir regretté son geste et avoir "pleuré toutes les larmes de son corps". L'enseignante est toujours dans un état "préoccupant".

Les circonstances qui entourent la violente agression d'une enseignante dans le collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer (Var), mardi 3 février, se précisent. Lors de sa première audition, le collégien ayant poignardé et grièvement blessé sa professeur d'arts plastiques a déclaré avoir agi avec préméditation.

L'élève, âgé de 14 ans, avait "trop de haine" et reprochait à son enseignante "plusieurs incidents" qu'elle aurait inscrits sur l'application Pronote, le logiciel de la vie scolaire, ce qu'il avait jugé "injuste", a indiqué Raphaël Balland, procureur de Toulon.

L'élève en classe de 3e a déclaré avoir pris un couteau dans sa cuisine et avoir porté quatre coups à sa professeure devant sa classe de 22 élèves, a précisé le magistrat.

Il a également assuré regretter "profondément" son acte et éprouver désormais davantage de haine envers lui-même qu'envers sa victime. Il a affirmé avoir "pleuré toutes les larmes de son corps" et s'être porté des coups.

L'adolescent, qui a assuré ne pas avoir été victime de violences de la part de ses parents et ne pas consommer de stupéfiants, a reconnu avoir déjà voulu passer à l'acte la semaine précédente, mais y avoir renoncé par peur.

L'élève doit désormais être présenté devant le tribunal, qui décidera s'il sera placé en détention comme l'a demandé le procureur de Toulon. Ce dernier a précisé qu'aucune motivation religieuse ou politique n'était connue.

Raphaël Balland a également révélé que la victime, âgée de 60 ans et en poste dans cet établissement depuis 28 ans, est toujours dans un état "préoccupant", malgré une "première intervention chirurgicale" à l'hôpital Sainte-Anne de Toulon.

Une sécurité renforcée

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, qui s'est rendu sur place, a salué “le sang‑froid et la réactivité exemplaires des équipes éducatives qui ont permis l’interpellation rapide de l’élève, ainsi que l’intervention des forces de sécurité et de secours”. Il s'est ensuite dit "très ému et puis très en colère aussi parce que ce n'est pas acceptable".

Il a également assuré que des "moyens inédits" avaient été déployés pour "sécuriser les abords" des établissements scolaires.

Devant la presse, il a indiqué qu'entre mars et décembre 2025, 12 000 "campagnes de fouilles de sacs" aux abords des établissements ont été menées, qui ont permis la saisie de 525 armes blanches. "On a procédé [...] à 1 686 conseils de discipline consécutives à ces contrôles, ou parce que l'on avait détecté des intrusions ou des tentatives d'intrusions d'armes blanches", a-t-il précisé.

"La réponse des pouvoirs publics est ferme. Elle le restera", a écrit le ministre sur X. "Cependant, la sécurité ne se résume pas à des portiques ou des contrôles", a-t-il ajouté, appelant à "un travail de fond pour la désescalade", impliquant "les familles, les équipes éducatives, les élus et chaque citoyen".

Le ministre a également insisté sur le besoin de travailler "collectivement et sans idéologie, sans instrumentalisation, à une réponse qui nous permette d'éradiquer ce fléau de la violence interpersonnelle".

Des agressions de plus en plus nombreuses

Cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents en France où des élèves ont exercé des violences contre des professeurs ou leurs camarades. En septembre, une professeure avait été agressée dans un collège de Benfeld (Bas-Rhin) et un ancien élève avait blessé un autre élève et une enseignante dans un lycée d'Antibes (Alpes-Maritimes).

L’an dernier, un garçon de 14 ans avait été mis en examen pour le meurtre d’une assistante d’enseignement après l’avoir, selon les accusations, poignardée à mort en juin. Il avait attaqué la femme de 31 ans, mère d’un petit garçon, lors d’une fouille de sac dans la ville de Nogent (Haute-Marne).

Dans une autre affaire, un élève a tué une adolescente et blessé plusieurs autres élèves lors d’une série de coups de couteau en avril, à Nantes.

Un rapport sénatorial de 2024 recense 900 professeurs menacés avec armes en 2018-2019. Le nombre d'agressions envers les enseignants ont augmenté sur les dernières années, dans les collèges et les lycées particulièrement. Plus de 68 000 ont été recensés en 2018-2019, et plus de 90 000 cinq ans plus tard.

La mort du professeur Samuel Paty, en octobre 2020, a tragiquement mis en lumière ce phénomène. Le procès en appel de son assassinat s'est ouvert lundi 26 janvier devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris. Parmi les huit condamnés en première instance, quatre – ceux qui avaient écopé des peines les plus lourdes – ont fait appel.

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