L'Iran et les États-Unis ont tenu des discussions indirectes à Oman sur le programme nucléaire de Téhéran, convenant de poursuivre les négociations malgré les tensions persistantes.
L'Iran et les États-Unis ont convenu de poursuivre les négociations après des discussions indirectes à Mascate, la capitale d’Oman, vendredi. Les pourparlers étaient centrés sur le programme nucléaire iranien, malgré les tensions persistantes liées à la répression des récentes manifestations à travers le pays.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et l'envoyé américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, ont conduit leurs délégations sous la médiation d'Oman, sans se rencontrer publiquement face à face.
"Dans une atmosphère très positive, nos arguments ont été échangés et les points de vue de l'autre partie ont été partagés avec nous", a déclaré Araghchi à la télévision publique iranienne. Il a ajouté que les deux parties avaient "convenu de poursuivre les négociations, mais nous déciderons des modalités et du calendrier à une date ultérieure".
Il s'agit de des premières discussions directes entre les deux pays depuis que les États-Unis se sont joints à la guerre de 12 jours entre Israël et l'Iran, en juin, en menant des frappes sur des sites nucléaires.
Abbas Araghchi a souligné que les discussions portaient exclusivement sur la question nucléaire. Les États-Unis ont, de leur côté, précisé que le soutien de Téhéran à des groupes militants et son programme de missiles balistiques devraient également figurer à l'ordre du jour.
"Nos discussions portent uniquement sur la question nucléaire et nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains", a-t-il déclaré à l'agence officielle IRNA.
Steve Witkoff était accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner. L'amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain – dont la zone de responsabilité couvre le Moyen-Orient – était également présent, selon des images publiées par l'agence de presse Oman.
Une source proche des discussions a indiqué à l'AFP que les réunions s'étaient tenues à la résidence du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi.
Lors des multiples sessions du matin et de l’après-midi, les deux parties ont fait la navette entre la résidence d'Albusaidi et la leur. Le ministre omanais a semblé jouer le rôle de médiateur, transmettant des messages entre les délégations.
Dans un message publié sur X, Sayyid Albusaidi a qualifié les discussions de " très sérieuses".
"Il a été utile de clarifier la pensée iranienne et américaine et d'identifier les domaines dans lesquels des progrès sont possibles. Nous avons l'intention de nous réunir à nouveau en temps voulu, et les résultats seront examinés attentivement à Téhéran et à Washington", a-t-il ajouté.
Pas d'armes nucléaires pour Téhéran
La Maison Blanche a réaffirmé vouloir empêcher Téhéran de développer une bombe nucléaire, un projet que la République islamique a toujours nié.
La délégation américaine souhaite explorer la piste d'"une capacité nucléaire nulle" pour l'Iran, a précisé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, rappelant que Donald Trump disposait "de nombreuses options en dehors de la diplomatie".
"Ils négocient, ils ne veulent pas que nous les frappions", a déclaré le chef de la Maison-Blanche jeudi. "Nous avons une grande flotte qui se rend là-bas ", a-t-il ajouté, en référence à un groupe de porte-avions qu'il a qualifié à plusieurs reprises d'"armada".
Les États-Unis ont déployé dans la région un groupe naval dirigé par le porte-avions USS Abraham Lincoln.
Ces pourparlers surviennent moins d'un mois après une vague de protestations en Iran, déclenchée par l'hyperinflation et la forte hausse du coût de la vie, qui s'est rapidement transformée en manifestations contre le régime des mollahs.
Selon des groupes de défense des droits humains et des observateurs de l'Iran, ces mouvements ont été brutalement réprimés, avec un bilan pouvant atteindre 30 000 morts.
D'après l'ONG Human Rights Activists News Agency, près de 51 000 personnes auraient en outre été arrêtées.
Trump a d'abord menacé d'une action militaire contre Téhéran en réponse à la répression des manifestants et a assuré à ces derniers que "l'aide était en route".
L'Iran a, de son côté, répété à plusieurs reprises qu'il riposterait en cas d'attaque et prévenu qu'un risque d'embrasement de toute la région.
Les États-Unis prévoyaient initialement d'organiser les discussions en Turquie, en associant les pays de la région et en élargissant l'ordre du jour au‑delà du nucléaire. Mais, selon une source régionale proche des négociations citée par l'AFP, ils ont changé de plan face aux demandes iraniennes.