Alors que les critiques étaient jusqu'ici cantonnées à l'opposition et à quelques députés de son camp, le leader du parti travailliste écossais Anas Sarwar a appelé à la démission du Premier ministre Keir Starmer.
Alors que les appels à la démission se multiplient,le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré, ce lundi 9 février, qu'il se battrait pour rester à son poste. "Je ne suis pas prêt à abandonner mon mandat et ma responsabilité envers mon pays", a-t-il assuré, en plein scandale dans l'affaire Epstein.
"Chaque combat que j'ai mené, je l'ai gagné", a-t-il également déclaré aux législateurs travaillistes lors d'une réunion au Parlement.
Mais lundi, le leader du parti travailliste écossais Anas Sarwar s'est joint aux appels à son départ, qui, jusqu’alors, étaient cantonnés à l'opposition et à quelques députés de son camp. "Ce n'est pas facile, et ce n'est pas sans douleur, car j'entretiens une véritable amitié pour Keir Starmer", a-t-il déclaré, ce lundi.
"Mais ma première priorité et ma première loyauté vont à mon pays, l'Écosse. Et je ne suis pas prêt à sacrifier le système de santé écossais, nos écoles, nos communautés, nos villes, nos villages et nos îles à une troisième décennie de gouvernement SNP. C'est pourquoi il faut mettre fin à cette distraction et changer la direction à Downing Street", a assuré le leader politique.
Un soutien de son camp
Toutefois, plusieurs membres du cabinet ont exprimé leur soutien à Keir Starmer, comme le vice-premier ministre David Lammy. "Nous ne devons rien laisser nous distraire de notre mission de changer la Grande-Bretagne et nous soutenons le Premier ministre dans cette démarche", a-t-il écrit sur X.
"En cette période cruciale pour le monde, nous avons besoin de son leadership, non seulement dans notre pays, mais aussi sur la scène internationale", a assuré, de son côté, Yvette Cooper, ministre des Affaires étrangères.
L'ancienne vice-première ministre Angela Rayner a également déclaré que Keir Starmer avait tout son soutien.
Une nomination au cœur du scandale
Si Keir Starmer est ébranlé par l'affaire Epstein, un homme qu’il n’a jamais rencontré et dont les crimes sexuels n’impliquent pas le Premier ministre, c'est à cause de la nomination de Peter Mandelson en tant qu'ambassadeur à Washington, en décembre 2024, poste diplomatique le plus important du pays. Sa relation avec le criminel sexuel était pourtant connue.
Keir Starmer a renvoyé Peter Mandelson en septembre dernier après la publication d’e‑mails montrant qu’il entretenait une amitié avec Jeffrey Epstein, même après la condamnation du financier en 2008 pour des infractions sexuelles impliquant un mineur. Les détracteurs estiment que le Premier ministre aurait dû mieux connaître Peter Mandelson, figure controversée dont la carrière a été ternie par des scandales liés à l’argent ou à l’éthique, avant de le nommer.
Une nouvelle série de dossiers Epstein, rendue publique par les autorités états-uniennes le 30 janvier, a révélé davantage de détails sur la relation et exercé une pression supplémentaire sur Keir Starmer.
Des excuses de Starmer
Jeudi, Keir Starmer a présenté ses excuses aux victimes de Jeffrey Epstein. "Je suis désolé. Désolé pour ce qui vous a été fait, désolé que tant de personnes ayant du pouvoir vous aient laissé tomber, désolé d'avoir cru aux mensonges de Peter Mandelson et de l'avoir nommé", a-t-il assuré.
Il a promis de rendre publics les documents relatifs à la vérification des antécédents de Peter Mandelson, qui, selon le gouvernement, montreront que l'ancien ministre a induit en erreur les fonctionnaires au sujet de ses liens avec Jeffrey Epstein. La publication de ces documents pourrait toutefois prendre plusieurs semaines, car ils doivent être examinés pour des raisons de sécurité nationale et afin d’éviter tout conflit avec une enquête policière en cours.
Peter Mandelson a démissionné du parti travailliste le 1er février et a quitté la Chambre des Lords mercredi.