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La Pologne quitte la convention d'Ottawa et pourra miner sa frontière orientale

DOSSIER - Des véhicules blindés sont stationnés sur une section de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie près de Polowce-Pieszczatka, en Pologne, mercredi 15 octobre 2025.
DOSSIER - Des véhicules blindés sont stationnés sur une section de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie près de Polowce-Pieszczatka, en Pologne, mercredi 15 octobre 2025. Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Malek Fouda
Publié le Mis à jour
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En sortant de cette convention, signée quatorze ans plus tôt, Varsovie entend défendre la frontière que le pays partage avec la Russie et le Bélarus. L'année passée, l'Ukraine, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont quitté le traité pour la même raison.

C'est désormais officiel : depuis ce vendredi 20 février, la Pologne a quitté la Convention d'Ottawa qui interdit aux signataires de posséder ou d’utiliser des mines. Le vice-ministre de la Défense, Paweł Zalewski, a déclaré que le pays pourra utiliser des mines antipersonnel ainsi que des mines antichars pour défendre sa frontière orientale contre la menace croissante que représente la Russie.

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Quatorze ans après l'avoir ratifié, la Pologne rejoint donc la Finlande, l'Ukraine, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, qui s'étaient déjà retirés du traité, en août dernier, pour la même raison. Tous craignent que leurs pays ne soient la prochaine cible de la Russie.

"Ces mines constituent l’un des éléments les plus importants de la structure de défense que nous construisons sur le flanc oriental de l’OTAN, en Pologne, à la frontière avec la Russie au nord et avec le Bélarus à l’est", a déclaré Paweł Zalewski, qui a critiqué les "intentions très agressives" de Moscou "à l'égard de ses voisins".

Alors que Varsovie avait totalement détruit son stock en 2026, le vice-ministre de la Défense a précisé que la Pologne allait lancer la production nationale tant de mines antipersonnel que de mines antichars (qui ne sont pas concernées par la convention d'Ottawa), en coopération avec des producteurs polonais, car le pays vise l’autosuffisance. Les mines terrestres sont des engins explosifs placés à même le sol ou juste en dessous et qui explosent lorsqu’une personne ou un véhicule les traverse.

Déploiement conditionné à "une menace réaliste"

Dans le cadre du projet appelé Bouclier de l’Est (Eastern Shield), un système de fortifications renforcées que la Pologne construit depuis 2024 le long de ses frontières avec le Bélarus et la Russie, le pays prévoit de constituer des stocks de mines, a indiqué Paweł Zalewski.

Il a toutefois souligné que les mines ne seraient déployées le long des frontières "que lorsqu’il y aurait une menace réaliste d’agression russe". "Nous respectons profondément notre territoire et nous ne voulons pas l’exclure de l’usage quotidien des citoyens polonais", a-t-il ajouté. "Nous ne sommes pas un pays agressif. Mais nous devons recourir à tous les moyens pour dissuader la Russie."

Miner la frontière en 48 heures

Jeudi, le Premier ministre Donald Tusk a présenté le "Bluszcz", un véhicule sans pilote destiné à distribuer des mines antichars. "Aujourd'hui, vous avez assisté à une brève présentation des capacités du système "Bluszcz". Nous sommes en train de finaliser ce projet de mine dans le cadre du bouclier oriental, qui est crucial pour notre sécurité, notre territoire et notre frontière", a-t-il déclaré.

Donald Tusk a précisé que l'objectif est de pouvoir miner l'ensemble de cette frontière orientale en 48 heures seulement.

La décision de sortir de la convention d'Ottawa et de reprendre la production de mines antipersonnels a été largement critiquée, car de nombreuses personnes restent préoccupées par ces mines qui ont toujours été extrêmement préjudiciables aux civils. Mais le Premier ministre "a défendu cette décision comme étant essentielle pour la sécurité nationale".

Elles sont connues pour avoir causé de nombreuses victimes parmi les civils au Cambodge, en Angola et en Bosnie-Herzégovine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, à gauche, et le premier ministre polonais Donald Tusk s'entretiennent lors de leur rencontre à Kiev, en Ukraine, le 5 février 2026.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, à gauche, et le premier ministre polonais Donald Tusk s'entretiennent lors de leur rencontre à Kiev, en Ukraine, le 5 février 2026. Dan Bashakov/Copyright 2026 The AP. All rights reserved.

Une trentaine de pays n'ont jamais adhéré à la convention, dont certains des principaux producteurs et utilisateurs actuels et passés de mines terrestres, tels que la Russie, les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Sud et la Russie.

Sources additionnelles • AP

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