Autriche : la fonte accélérée des glaciers menace eau potable, production d'électricité et infrastructures
Tous les glaciers d’Autriche, sauf deux, ont reculé au cours des deux dernières années, ont indiqué aujourd’hui (13 mars) les observateurs du pays alpin, en avertissant que cette « évolution dramatique » met en lumière l’impact du changement climatique.
Selon le dernier rapport du Club alpin autrichien, l’Alpeiner Ferner, dans le Tyrol occidental, et le Stubacher Sonnblickkees, dans le Land de Salzbourg à l’est, enregistrent les pertes les plus importantes, avec un recul de plus de 100 mètres chacun. Le recul moyen dépasse les 20 mètres.
« La désintégration de la langue glaciaire progresse également sur le Pasterze, le plus grand glacier d’Autriche, rendant visibles les conséquences du changement climatique », indique encore le club dans ce rapport qui couvre les années 2024 et 2025.
Le rapport ajoute que, sur le long terme, les glaciers en Autriche continuent de « se réduire fortement » en longueur, en superficie et en volume.
L’impact du recul des glaciers autrichiens
Le recul des glaciers en Europe a de vastes répercussions sur l’approvisionnement en eau potable, la production d’électricité, l’agriculture, les infrastructures, les activités de loisirs, le paysage alpin et bien d’autres domaines.
La Suisse voisine, qui abrite le plus grand nombre de glaciers en Europe, constate un recul similaire de ses glaciers ces dernières années, une tendance observée dans le monde entier.
Depuis 2015, selon les glaciologues, les glaciers suisses ont perdu un quart de leur volume, plus de 1 000 petits glaciers ayant déjà disparu.
Des conditions météorologiques défavorables, parmi lesquelles de faibles chutes de neige et des températures élevées, notamment un mois de juin exceptionnellement chaud l’an dernier, avec près de 5 °C au-dessus de la moyenne, ont contribué à ce recul, précise le club.
Un « signal d’alarme »
« Les glaciers fondent et, à chaque nouveau rapport, l’urgence s’accentue », déclare la vice-présidente du club, Nicole Slupetzky.
« La question n’est plus de savoir si nous pouvons encore sauver les glaciers dans leur état d’autrefois ; il s’agit désormais d’en atténuer les conséquences pour nous-mêmes. »
De tels changements dans les Alpes devraient servir de « signal d’alarme » pour les responsables politiques comme pour le grand public dans ses comportements, estime le club.
Le club précise que la valeur actuelle est inférieure à celles des deux années précédentes, mais qu’elle reste le huitième recul le plus important en 135 ans de mesures.