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Après deux ans, un bilan en demi-teinte pour Rachida Dati au ministère de la Culture

La ministre française de la Culture Rachida Dati prononce un discours au ministère de la Culture à Paris, le 26 septembre 2024.
La ministre française de la Culture Rachida Dati prononce un discours au ministère de la Culture à Paris, le 26 septembre 2024. Tous droits réservés  AP Photo/Louise Delmotte, file
Tous droits réservés AP Photo/Louise Delmotte, file
Par Nathan Joubioux
Publié le
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Son départ n'était qu'une question de jours. C'est désormais officiel : Rachida Dati n'est plus ministre de la Culture. L'ex-locataire de la rue de Valois se tourne désormais vers la campagne pour la mairie de Paris.

À moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, Rachida Dati a finalement lâché le ministère de la Culture. Son départ était un secret de polichinelle, elle avait déjà annoncé qu'elle quitterait son poste avant le scrutin de ce mois de mars.

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La candidate l'assure : le combat de sa vie, "c'est Paris". "Je veux dire aux Parisiens : je vais me battre pour eux, je vais me battre pour Paris. Je leur demande de me faire confiance, car je vais changer leur vie, je vais changer Paris, je vais changer leur destin", a-t-elle déclaré.

"J'ai l'énergie, j'ai la vitalité, j'ai la ténacité, j'ai le programme et j'ai une équipe expérimentée", a listé l'ex-locataire de la rue de Valois. "Si vous voulez que ça change, si vous voulez l'alternance à Paris, votez pour moi dès le premier tour", a-t-elle assuré.

Dans un communiqué, l'Élysée a indiqué qu'Emmanuel Macron l'avait remercié "pour l'action utile qu'elle a déployée au service des Français ces deux dernières années" et lui a adressé "tous ses encouragements dans le combat qu'elle mène".

La candidate de la droite à la mairie de Paris était pressée par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de quitter son poste.

Mais Rachida Dati avait cependant tenté de repousser l'échéance, s'inspirant un temps d'Édouard Philippe, qui avait mené sa campagne tout en restant à Matignon, puis en mettant en avant la gestion de crise au Louvre, après le vol des bijoux du 19 octobre dernier. "Mon devoir était de terminer cette réorganisation que j'avais annoncée et de mettre en place une nouvelle gouvernance." C'est donc désormais chose faite avec la nomination de Christophe Leribault.

Deux ans à la Culture, pour quel bilan ?

Moins éphémère que celui de ministre de l'Éducation nationale, le poste de ministre de la Culture affiche en France une durée moyenne d'exercice de deux à trois ans. Sous Emmanuel Macron, on a ainsi vu se succéder Françoise Nyssen (17 mois), Franck Riester (21 mois), Roselyne Bachelot (22 mois) et Rima Abdul Malak (20 mois). Rachida Dati sera, elle, restée deux ans, un mois et quatorze jours rue de Valois.

La candidate à la mairie de Paris avait été nommée en janvier 2024 à la surprise générale, tant elle avait été critique à l'égard d'Emmanuel Macron. En juin 2022, elle assurait, notamment, que le chef d'État n'avait "pas de cap, pas de projet, pas de direction".

"Cette nomination répond à un véritable besoin : le besoin d'une France, souvent dit-on “populaire” avec un peu de mépris, qui doit se sentir représentée", avait-elle déclaré lors de la passation de pouvoir.

Dès sa nomination, Dati s'est posée en défenseure d'une culture "populaire" et accessible, en annonçant par exemple le plan "Culture et ruralité", doté de 100 millions d'euros sur trois ans. Objectif : conforter la vie culturelle des territoires ruraux, avec la rénovation de musées, des aides aux associations ou aux festivals. C'est d'ailleurs cette mesure qu'elle met en avant dans le communiqué transmis par son équipe du ministère, affirmant y avoir réussi à limiter les coupes budgétaires.

Elle a également lancé le plan "l'été au camping", et promettait de rapprocher les campings et leurs visiteurs de la culture. En 2025, elle assurait que l'opération allait permettre "plus de 1 000 activités, plus de 1 000 événements dans les campings".

Cependant, son bilan à la tête du ministère a été largement critiqué par de nombreux acteurs du secteur, à l'image de son passage au Festival d'Avignon, en 2025, où elle avait snobé les rencontres avec les artistes en colère.

Autre échec de ses deux ans rue de Valois : la réforme de l'audiovisuel public. Rachida Dati voulait réunir France Télévisions, Radio France et l'Institut national de l'audiovisuel (INA) dans une seule et même holding. Un projet qui sera resté au stade de projet après la censure du gouvernement de François Bayrou.

Enfin, il y a eu la myriade de polémiques sur le musée du Louvre, du spectaculaire cambriolage en octobre dernier aux dégâts des eaux ayant endommagés entre 300 et 400 livres et documents et une peinture du XIXe siècle, en passant par la mise au jour d'un vaste de réseau de fraude à la billetterie.

Des défis que devra relever son ou sa successeur, qui reste, pour l'instant, inconnu.

Quels enjeux pour les municipales à Paris ?

Désormais, Rachida Dati pourra se consacrer à l'élection municipale dans laquelle elle devra faire face à Emmanuel Grégoire (Union de la gauche), Sophia Chikirou (LFI), Thierry Mariani (RN), Sarah Knafo (Reconquête !) et Pierre-Yves Bournazel, candidat investi par le camp présidentiel.

Et pour convaincre les électeurs, ce n'est pas sur la culture qu'elle a décidé de miser, véritable parent pauvre de son programme. À la place, elle a décidé d'axer ses efforts sur la sécurité (doubler les effectifs de la police municipale et déployer des caméras de surveillance), le logement (amélioration du parc immobilier) et sur la dette de la ville, qu'elle promet de réduire.

Cependant, l'adversaire de Rachida Dati ne sera peut-être pas les autres candidats à la mairie, mais elle-même. L'ancienne ministre de la Culture doit comparaître en septembre pour, entre autres, corruption et trafic d’influence dans l'affaire Carlos Ghosn. Elle est soupçonnée d'avoir perçu, entre 2010 et 2012, 900 000 euros d'honoraires en contrepartie d'actions de lobbying pour le compte du groupe Renault-Nissan, alors qu'elle était députée européenne.

Le statut d'élue ne l'empêchant pas d'exercer sa profession d'avocate, Rachida Dati a toujours affirmé qu'il s'agissait de prestations de conseil couvertes par une convention d'honoraires, mais des magistrats la soupçonnent de ne pas avoir réellement travaillé. Elle risque une peine d'inéligibilité, qui lui ferait perdre un hypothétique mandat de maire de Paris.

Rachida Dati est également visée par une enquête pour non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et par une enquête préliminaire du Parquet national financier pour corruption active et passive, trafic d’influence, détournement de fonds, et recel et blanchiment de ces délits, en lien avec son mandat de députée européenne.

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